Disaster : Day of Crisis (2008)
Attendu comme le messie pour une Wii n’en finissant plus de séduire le grand public aux dépens de joueurs plus exigeants pourtant à l’origine des plus belles années de Nintendo avant les phénomènes DS et WII, Disaster : Day of Crisis ne sera au final qu’un joli pétard mouillé. Pas que le jeu soit mauvais, loin de là, mais plutôt le fait qu’on est une fois de plus confronté aux limites techniques d’une machine qui n’est rien d’autre qu’un GameCube affublé d’un nouveau packaging plus vendeur, beaucoup plus vendeur. Résultat, un titre comme Disaster, aussi pétri de bonnes intentions soit-il, se retrouve doté d’une esthétique rappelant invariablement la Nintendo 64. Bref, un blockbuster du pauvre tout ce qu’il y a de plus faiblard qui compense heureusement ses carences de réalisation par une bonne dose d’originalité elle-même emmenée par un rythme haletant rappelant au bon souvenir des films catastrophes des années 80.
Ainsi, pour leur premier véritable jeu d’action, les développeurs de Monolith Software (à qui l’on doit principalement le superbe Baten Kaitos sur GameCube) se sont visiblement fait plaisir en concoctant un récit qui emprunte autant au Rock de Michael Bay qu’au Metal Gear Solid premier du nom d’Hideo Kojima. Un mix se prenant toutefois au sérieux juste ce qu’il faut pour convaincre le joueur. Dans la peau de Ray, super héros charismatique façon Bruce Willis avec les cheveux en plus, on va devoir affronter d’anciens soldats d’élite, le Surge (non non, pas Fox Hound, quoiqu’il y a même un Rex à la fin ^^) pour éviter une catastrophe nucléaire. Sauf que là où les choses se compliquent un tout petit peu, c’est que durant ce « day of crisis », la nature va se déchaîner avec rien de moins qu’une éruption volcanique, un tsunami, des inondations et un ouragan pour conclure l’histoire en beauté. Bref, on a pas le temps de s’ennuyer dans ce jeu.
Venons-en justement au titre lui-même. Disaster est un patchwork intéressant pensé au maximum pour solliciter le gameplay de la Wii. On y retrouve des phases de plate-forme à la troisième personne, des phases de gunfight façon Time Crisis (comprenez « sur rail »), des phases de conduite façon « Driver » et disséminés au milieu de tout ça 45 sauvetages à effectuer (à condition de trouver les victimes bien entendu) triturant wiimote et nunchuck dans tous les sens. Malheureusement, si tout ça est plutôt varié, le jeu n’en demeure pas moins terriblement dirigiste et les 23 niveaux se bouclent en une petite dizaine d’heures. A noter quand même l’effort de chez Monolith pour rendre son jeu plus attractif. En particulier la possibilité d’optimiser nos armes grâce aux points PB gagnés durant les phases de tir et la même chose pour entraîner le héros grâce aux points PC glanés durant les sauvetages. A signaler également pas mal de rangs à débloquer ainsi que quelques items secrets en plus d’un classement détaillé venant sanctionner la fin de chaque niveau. Toutefois, ceci ne parvient jamais réellement à compenser le sentiment de déception qu’on éprouve en achevant le jeu. Un titre agréable quand même à faire une fois mais sur lequel on a guère envie de revenir par la suite.





