F.E.A.R. : First Encounter Assault Recon (2006)
A l’occasion de la sortie de F.E.A.R. 2 : Project Origin, j’en profite pour revenir sur le premier opus, ou plus précisément sur le portage X360 d’un jeu résolument PC à l’origine. F.E.A.R. premier du nom avait marqué les esprits des pcistes et pas que en proposant au joueur un mélange plutôt inhabituel mais ô combien efficace avec un habile compromis entre le FPS et le Survival-horror. Le résultat ? Un jeu à l’ambiance unique, oppressante à souhait. Alternant les longues phases de déambulations stressantes dans des couloirs aux lumières incertaines et des affrontements particulièrement intenses avec les innombrables forces Replica, F.E.A.R. est un titre qui jetait vraiment un pavé dans la mare à sa sortie en démontrant qu’on pouvait faire les jeux autrement mais aussi les jouer autrement, notamment en soignant le côté immersif généralement absent de la majorité des FPS classiques. Car le jeu de Day 1 Studios (Monolith à l’origine), et c’est à n’en pas douter LE plus de F.E.A.R., a aussi le mérite de développer un scénario dont la richesse n’a d’égale qu’un plaisir malsain pour le mystère. Une fois dans la peau d’un quelconque agent du F.E.A.R., groupe d’intervention d’élite spécialisé dans le paranormal, on se retrouve parachuté dans une course-poursuite sans jamais réellement savoir après quoi on est en train de courir. Les réponses viendront petit à petit cependant…
Pour ce qui est du jeu en lui-même, dès les premières secondes on est happé par l’atmosphère qui s’en dégage. A noter au passage un excellent travail sur la musique et les bruitages, discrets mais redoutablement efficaces. Partant du principe que moins on en sait, plus on en imagine, les scénaristes nous lâchent sans explication ou presque dans d’immenses complexes où la lumière fait cruellement défaut, et c’est tant mieux. Muni d’une poignée d’armes plutôt classiques (pistolet, fusil à pompe, fusil mitrailleur) à quelques exceptions près (le fusil à particules) et d’une providentielle lampe-torche, notre héros on ne peut plus discret (sûrement pour ne pas interférer avec le récit) va donc devoir partir en exploration avec ses tripes bien accrochées. Car aux rencontres musclées viennent également s’ajouter par petites touches des apparitions et autres images subliminales dévoilant peu à peu le voile sur la mystérieuse fillette Alma, véritablement glaçante du début à la fin. On sent d’ailleurs au passage l’influence d’un cinéaste comme Hideo Nakata avec cette gamine dont les cheveux nous dissimulent le plus souvent son visage et surtout son regard. Et cerise sur le gâteau, j’y reviens un instant, cette lampe-torche dont l’autonomie riquiqui (qui en a fait enrager plus d’un) nous contraint à plonger dans le noir régulièrement bon gré mal gré. Et quoi de mieux au beau milieu d’une fusillade endiablée ou juste au moment d’une apparition d’Alma ? Perso j’ai adoré, comme tout le reste des effets de lumière du jeu d’ailleurs, qui sont vraiment de qualité au même titre que les explosions.
Maintenant que l’ambiance est bien installée, venons-en aux plus et aux moins du jeu. Au niveau des défauts les plus évidents, j’insisterais surtout sur un level-design beaucoup trop limité qui donne assez souvent l’impression de tourner en rond. Autre gros défaut de variété, celle des ennemis. Avec comme excuse d’affronter des soldats clonés, on doit croiser en tout moins d’une dizaine d’adversaires différents. Vraiment frustrant. Moins gênants par contre, la gestion des impacts de projectiles et de l’ombre de notre héros donnant lieu à pas mal de bugs mais qui ont par contre le mérite d’être là. Et pour conclure sur les points négatifs, je ne peux pas éviter d’évoquer les superbes descentes d’échelles qui m’ont vraiment bien fait rire. Le positif maintenant. Déjà l’ambiance, comme vous l’aurez sans doute compris. Dans ses phases d’exploration angoissante, F.E.A.R. n’est pas sans rappeler le premier Half-Life qui déjà vous abandonnait à votre sort. Ici, le plus simple est encore de dire que la peur est « réelle » pour qui aime se prendre au jeu, et c’est mon cas. Autre gros point fort, les phases FPS d’autant plus explosives qu’elles succèdent à de longues accalmies. Limité dans le nombre d’armes que vous pouvez transporter (ce qui vous oblige à bien gérer selon les ennemis rencontrés) mais heureusement doté de réflexes surhumains vous permettant de déclencher un ralenti l’espace de quelques secondes, vous devez affronter moult ennemis et pas n’importe lesquels. Car F.E.A.R., non content d’offrir du FPS de haute volée, dispose également d’une IA réellement impressionnante. Usant et abusant de grenades pour vous déloger, n’hésitant pas non plus à contourner un obstacle pour vous prendre à revers ou à se dissimuler dans l’ombre pour mieux vous cueillir, les soldats Replica sont loin d’être les premiers venus. Un plus réellement appréciable.
Au final, F.E.A.R. est un excellent titre qui a en plus le mérite d’avoir voulu et d’être parvenu à proposer quelque chose de différent au joueur. Doté d’une durée de vie honnête (une dizaine d’heures environ) prolongée par un mode Action instantanée plutôt anecdotique (quatre challenges) et par un mode Multi-joueurs ultra-classique mais efficace, le jeu de Monolith est une expérience à vivre pour tout amateur de FPS et de Survival qui se respecte, ne serait-ce que pour le plan final qui résume à lui seul toute l’aventure…





