Street Fighter IV (2009)
Doux euphémisme de dire que ce jeu était attendu par des millions de joueurs depuis de longues années. Mais pas n’importe lesquels… Résultat, si Capcom a su combler l’attente de ses fans de la première heure, il n’en va malheureusement pas de même pour les néophytes ou les joueurs occasionnels de jeux de baston. Pour dire les choses simplement, tout joueur s’étant jadis ruiné financièrement sur une borne d’arcade avant de se ruiner les pouces sur ses manettes 16 bits ne pourra être que comblé par ce Street Fighter IV. Esthétiquement, c’est une merveille de tous les instants. Sans jamais trahir le cultissime Street Fighter II, les développeurs de chez Capcom ont su retrouver l’essence de ce second volet tout en la sublimant à tous les niveaux. Même chose au niveau des commandes de jeu qui demeurent plutôt fidèles nonobstant quelques ajouts bienvenus comme les Ultra Combos pouvant renverser la vapeur d’un combat à tout moment. Et puis il y a bien sûr, cerise sur le gâteau, le jeu en ligne pour mesurer qui a la plus longue. Bref, l’amateur de la première heure y trouvera largement son compte et plus encore s’il est l’heureux possesseur d’un stick arcade digne de ce nom. Sinon il est bon pour acheter des pansements avec une manette pas franchement indiquée pour le genre. A ce titre là, le matériel de Sony est pour une fois bien plus indiqué.
Je vais maintenant laisser parler la schizophrénie et me faire l’avocat du diable. Alors oui Street Fighter IV est beau et fait particulièrement du bien dans l’univers du jeu de baston next-gen où Soul Calibur IV, dans un registre certes un peu différent, règne en maître incontestable depuis sa sortie l’été dernier. Pourtant tout est loin d’être parfait dans le titre de Capcom. Car finalement la seule chose qui soit vraiment belle ce sont les combattants eux-mêmes. On ne peut pas en dire autant des décors en 2D relativement laids, pas plus que de certains détails qui brouillent désagréablement la rétine comme les cuisses de Chun-Li, simplement immondes. Autre « détail » qui blesse, mais l’oreille cette fois ci, une bande son très moyenne avec aucun thème marquant, voire carrément détestable si l’on évoque par exemple celle du générique d’introduction. Au niveau du contenu c’est également loin d’être byzance. Une grosse trentaine de personnages, soit, mais des modes de jeu très limités puisqu’il faudra se contenter des modes Arcade, Versus, Défis (Time Attack, Survival) et jeu en ligne via le Xbox Live. Vraiment le minimum syndical. Bref, comme tout jeu de baston, on en a très vite fait le tour. Et ce ne sont pas les différents titres et autres icônes à déverrouiller qui parviendront à convaincre les plus réticents. Enfin, ce qui demeure le plus gros défaut à mon sens, la difficulté de ce Street Fighter IV, échelonnée de Débutant à Maître sur 7 niveaux, et qui en refroidira plus d’un. Au final, cela reste un bon titre, mais à réserver aux puristes.





