European Club Soccer (1992)
Deux ans avant la sortie d’un FIFA Soccer 95 qui allait redéfinir la simulation de football des pieds à la tête, les joueurs de chez Sega devaient se contenter de titres à la réalisation bancale comme ce European Club Soccer. Développé par Krisalis Software, qui n’est pas resté dans les mémoires, et édité par la division Games de chez Virgin, il n’a en effet pas grand chose pour lui. Commençons par les modes de jeu, au nombre de trois seulement. Il y a le mode Arcade pour les matchs amicaux, le mode Simulation (jouable jusqu’à huit avec 6 formations possibles) qui vous propose de participer à une coupe d’Europe (vu le titre du soft, encore heureux) et puis le « Strip design » qui vous propose de modifier les couleurs des différents clubs présents dans le jeu. Au niveau du choix des clubs en question, ça se résume à trois championnats (européens, forcément) comportant les vrais noms des équipes mais bien entendu pas ceux des joueurs. Il faudra attendre l’avènement de FIFA pour finalement y avoir droit.
Venons-en maintenant à ce qui fâche réellement car on pourrait encore fermer les yeux sur le reste ci-dessus qui ne valait guère mieux à l’époque dans les autres softs et sur les machines concurrentes. Non, ce qui donne envie d’appuyer sur Power au bout de quelques minutes c’est d’abord et surtout un gameplay (comprenez « jouabilité », néologisme bien pratique mais devenu obsolète visiblement) simplement calamiteux. Pourtant il y avait de l’idée à la base avec des commandes qui ne donnent pas le même résultat selon que vous vous trouvez en position d’attaque ou de défense. Malheureusement, tout cela est géré à la truelle avec les conséquences désastreuses que vous pouvez imaginer, comme de tourner par exemple autour du ballon pour essayer de le récupérer. L’avantage de la chose, c’est que ça marche dans les deux sens et que vous ne risquez pas de prendre un but en laissant l’IA jouer seule contre vous pendant que vous buvez un café. Bref, incohérent et imprécis, voire carrément hasardeux, ce gameplay fait d’European Club Soccer un titre juste injouable. Cerise sur le gâteau, le jeu est également insupportable à cause de ses musiques inappropriées faisant davantage penser à un jeu de plate-forme de troisième zone qu’à une simulation de football. D’autant plus que, arbitre présent physiquement sur le terrain mis à part, de simulation il n’est pas vraiment question avec l’absence des hors jeux et, me semble-t-il aussi, des cartons. En conclusion, une bonne grosse daube des familles.
Aladdin (1993)
Aladdin marqua les esprits à sa sortie. Disney et Virgin avaient clairement mis les petits plats dans les grands pour sortir l’adaptation du dessin-animé sous la tutelle du génial David Perry. Et le résultat fut largement à la hauteur puisque quinze ans après il reste un des jeux de plate-formes préféré des possesseurs de Mega Drive. Mais pourquoi un tel succès ? D’abord parce qu’Aladdin est incroyablement beau pour l’époque. Riche en couleurs et doté de superbes animations, le tout sublimé par de très belles musiques, le jeu donne vraiment l’impression d’évoluer dans le dessin-animé. Et c’est ça qui est magique. D’autant plus que le jeu est très drôle. Que ce soit les animations des ennemis (par exemple ceux qui se retrouvent en caleçon), les toilettes pour génie, les panneaux stop en plein désert ou les nombreux clins d’oeil comme des oreilles de Mickey à sécher ou la Mega Drive en guise de trésor à l’intérieur de la lampe, Aladdin est tout du long une source d’émerveillements.
Côté gameplay, rien à redire non plus. C’est souple, intuitif, maniable… Et tant mieux, parce que certains levels seraient bien difficiles si les commandes ne répondaient pas parfaitement. Je pense notamment aux niveaux six et sept, The Escape et Rug Ride, où le héros se retrouve tantôt poursuivi par d’énormes boules enflammées façon Indiana Jones tantôt à faire la course sur le fameux tapis volant (à vitesse croissante bien entendu) contre une vague de lave. En parlant de difficulté, celle-ci comporte trois niveaux savamment dosés qui vous donneront du fil à retordre dans le dernier. Au final, vraiment une petite merveille que ce Aladdin. David Perry et ses comparses ont vraiment fait du beau boulot et se sont visiblement autant amusés à concevoir le jeu que nous à y jouer. En témoigne le level huit, Inside the Lamp, loufoque au possible. Et ils ne s’arrêteront pas là puisque l’année suivante sortait Le Roi Lion, mais ça c’est une autre histoire…
FIFA 97 (1996)
Avant toute chose, je tiens à préciser que ce test en partie comparatif le sera avec non pas la version 96 (que je n’ai jamais essayée) mais avec la version 95. Les évolutions concernent donc le passage de la version 95 à la version 97 et non pas 96-97. Ce petit préambule établi, voici quelques impressions sur cette version prétendue améliorée, qui plus est pompeusement appelée « Gold Edition ». Commençons par le gros morceau, la partie championnats, qui accueille trois nouvelles destinations, à savoir l’Ecosse, la Suède et … la Malaisie. L’Ecosse ça peut se comprendre avec les Rangers et le Celtic de Glasgow, la Suède… pourquoi pas, mais la Malaisie… il faut croire que chez Eletronic Arts on cherchait par tous les moyens à accrocher le maximum de clients potentiels. Ce qui est sûr, c’est qu’ils doivent être rares les joueurs européens à avoir achevé un championnat Malaisien…
D’autant plus que cette fois on a (enfin) la Licence, donc les vrais noms d’équipes ET de joueurs. Un plus indéniable mais guère utile pour le championnat de Malaisie (mais non je m’acharne pas ^^). A noter au passage une autre nouveauté appréciable, la possibilité de créer de toute pièce votre équipe en piochant les joueurs que vous voulez, voire en créant carrément votre joueur. Un petit plus idéal pour prolonger les soirées entre potes à celui qui fera le mieux briller son petit « Moi » (et non pas Mii, du moins pas encore !). On continue sur les nouveautés avec la possibilité de paramétrer les matchs selon trois modes distincts : Simulation, Action ou Arcade. En mode simulation, la fatigue est prise en compte et les remplacements sont limités à trois. En mode action et arcade, sensiblement la même chose sauf que le dernier est un poil plus rapide, la fatigue n’existe plus et les remplacements sont illimités. Vous avez même la possibilité de supprimer les blessures, les sanctions et même les fautes ! Et croyez-moi, vu comment le jeu se traîne par rapport à la version 95, on est bien content d’user et d’abuser de ces options plus que bienvenues. Dernier petit plus notable, le choix entre jouer dans un stade ou bien en salle en six contre six, ce qui muscle et intensifie considérablement les rencontres. Ah oui, j’ai failli oublier l’apparition de « l’homme du match », 99% du temps le meilleur buteur s’il y a eu but.
Je termine rapidement avec la comparaison des jeux en elle-même. Premier constat, ce FIFA 97 est nettement plus technique que son prédécesseur. Ailes de pigeon, coup du sombrero et autres une-deux sont venus agrémentés le panel de jeu, ainsi qu’un système qui fait désormais la part belle à toutes les frappes de volée. Et vous en aurez besoin face à une Intelligence Artificielle elle aussi nettement revue à la hausse. Résultat, ce FIFA 97, tout en étant plus complet que la version 95, est un peu moins fun à jouer. Néanmoins, ayant des centaines d’heures de jeu (avec cheat codes en mode on) à mon actif sur le 95 et beaucoup moins sur le 97, je suis pas forcément super objectif pour le coup ^^ Toutefois, ça restait un très bon jeu de foot à l’époque.
Shaq Fu (1994)
Delphine Software pour la plupart d’entre nous c’est avant tout Flashback et Another World. Mais c’est aussi l’ovni Shaq Fu, le genre de jeu improbable dont la Mega Drive de Sega s’était fait une spécialité. A savoir un jeu de baston 2D avec pour héros Shaquille O’Neal, la star du moment en NBA, intronisé pour le coup “Master of Shaquido”. L’histoire, toujours de haute volée dans les jeux de baston, c’est un puissant sorcier millénaire, Sett Ra, qui a besoin du sang d’un descendant du roi Ahmet pour recouvrer toute sa puissance afin d’asservir le monde. Le descendant en question, c’est le jeune Nezu, que le héros va se faire un devoir d’aller sauver dans le Deuxième Monde dans une série d’affrontements. Improbable je vous disais, surtout avec un Shaq qui a l’air plus bête que méchant.
Venons-en maintenant un peu au jeu. Trois modes de jeu (Duel, Story, Tournament). Douze personnages jouables mais très peu de coups par combattant. Des combattants provenant de tous les horizons (Fakir, Femme-chat, Cyborg, Sorcier, Momie, Ecorché, Chaman, Vieux maître, Loubard…) avec comme seul point commun le côté bad guy ainsi qu’un ésotérisme assez prononcé. Trois niveaux de difficulté, la possibilité de choisir la vitesse du jeu (Normal ou Fast), et un Boss (la Momie Sett Ra) qui fait plus qu’honorer son statut de Boss tant il est coriace comparé aux autres (de loin également le perso le mieux animé avec ses bandelettes). Au final, plus une curiosité qu’autre chose que ce Shaq Fu. L’intérêt du jeu est assez restreint à cause du nombre de coups très limité et l’animation, ainsi que les décors, sont plutôt médiocres. Par contre les musiques, même si un peu répétitives, sont assez sympas. Reste aussi le challenge de terminer le jeu en Expert, en sachant que vous ne disposez que de trois crédits pour y parvenir, que vous utiliserez le plus souvent contre Sett Ra lui-même. Bref, un petit jeu de baston moyen, sans plus.
FIFA Soccer 95 (1994)
Quelle claque que ce jeu à l’époque ! Développé par Extended Play Productions pour le compte d’EA Sports, FIFA Soccer 95 allait rapidement devenir un must et sans aucun doute l’un des titres phare pour Electronic Arts qui propulsait subitement le jeu de football dans une autre dimension en étant le premier à véritablement voir grand pour le joueur. Premier point fort du jeu, sa “conséquence”. Trois modes de jeu et huit championnats jouables (Brésil, Angleterre, France, Allemagne, Italie, Hollande, Amérique du Nord, Espagne) plus les sélections = promesse d’un nombre incalculable d’heures passées devant son écran. En sachant également qu’il est possible sur la pile de sauvegarde de conserver jusqu’à quatre championnats simultanément. Seul petit bémol, il n’était toujours pas question de licence à l’époque. Les noms de clubs sont là mais pas ceux des joueurs. On notera quand même la présence d’un petit sponsor sur les terrains et pas des moindres, à savoir Panasonic.
Graphiquement, le jeu se porte encore pas mal aujourd’hui. Les animations sont relativement détaillées et la vue de 3/4 est particulièrement appréciable même si la caméra peine parfois à suivre, surtout quand les cheats sont activés. Les cheats codes, parlons-en justement. Comme si le jeu n’était pas assez complet, il est possible (en appuyant tout bêtement sur la touche A dans le menu de configuration d’un match) d’activer divers paramètres assez funs pour rendre les choses plus amusantes. Citons par exemple les balles brossées, la délirante balle folle ou bien encore les “stupid teams”. De quoi prolonger un bout de temps l’intérêt du jeu.
Je termine avec le jeu lui-même, c’est à dire une somme de détails qui mettront la larme à l’oeil (ou presque) à toute personne lisant ce petit article et ayant taté du FIFA Soccer 95 il y a quelques années. Par exemple le fait que, malgré l’absence d’un arbitre présent physiquement sur le terrain (il apparait juste dans une petite fenêtre quand besoin est), on est facilement sanctionné pour les très grosses fautes qu’il est très facile de commettre, avec un méchant bruit de coup de planche à la clé. On continue sur les sons justement avec l’ambiance du jeu qui, sans être survoltée, est suffisamment animée et variée pour ravir le joueur quand se fait entendre une petite trompette, sans parler des clameurs du public accueillant chaque arrêt phénoménal d’un gardien de but, arrêts qui sont d’ailleurs légions dans le jeu. Et que dire du rituel pour saluer un but ?! A savoir une poignée de secondes pour se défouler sur les touches A B et C. Non, il n’y a pas à dire, ce jeu c’était quand même quelque chose.
World Cup USA 94 (1994)
A l’occasion de la Coupe du Monde se déroulant aux Etats-Unis en 1994 sortait un jeu officiel mais pas tant que ça puisque les vrais noms des joueurs n’y figurent pas, pas plus que l’équipe de France d’ailleurs, sauf que pour cette dernière c’est normal puisque les français n’étaient pas parvenus à se qualifier pour cette compétition. Ils allaient se rattraper de fort belle manière quatre ans plus tard. Pour ce qui est du jeu, il est bien entendu très limité avec seulement 32 équipes. Développé par Tiertex Design Studios, déjà à l’origine de Super Kick Off sur les machines de Sega, World Cup USA 94 offre un système de jeu honnête même si très simpliste, d’autant plus que la gestion tactique y est relativement sommaire. Esthétiquement, la vue de dessus n’est clairement pas la plus indiquée et le manque d’ambiance, surtout pour un jeu ayant notamment pour objectif de vendre la Coupe du Monde, est plutôt décevant. Un problème assez récurrent dans les premiers jeux de football sur console. Bref on en a vite fait le tour. Ce jeu eut d’ailleurs une durée de vie assez brève puisque le premier d’une longue série de Fifa sortait l’année suivante.






