Call of Duty : Le Jour de Gloire (2004)
Une arrivée remarquée sur PC, il n’en fallait pas plus pour voir débarquer Call of Duty premier du nom sur la console de Sony. Un portage honnête sans être remarquable qui propulse le joueur une fois encore au beau milieu de la Seconde Guerre Mondiale pour déjouer les plans de l’envahisseur nazi. La particularité de ce premier opus, c’est qu’il se divise en trois parties distinctes proposant de jouer respectivement sur les trois fronts décisifs du conflit mondial, le front Ouest, le front Est et l’Afrique du Nord avec Rommel, Patton et tous les autres. Un choix intéressant qui va dans le même sens qu’une volonté de Spark Unlimited de coller un maximum au contexte historique de l’époque avec l’utilisation d’images d’archives ainsi qu’une mise en avant du côté fraternel des soldats de l’alliance dont le joueur est invité à suivre de petits portraits, qui d’un russe, qui d’un britannique, qui d’un yankee. Seulement les bonnes intentions ne font pas forcément les grands jeux.
A commencer par cette absence de héros qui ne contribue pas vraiment à se jeter à corps perdu dans Call of Duty. Ce qui est par ailleurs relativement dommage car la mise en scène, sans être extraordinaire, est plutôt réussie. Escorter des blindés dans les ruelles désertes d’Aix-la-Chapelle, débarquer dans une Stalingrad en feu ou tenter de traverser le pont de Remagen sont des moments d’une rare intensité qu’on aurait aimé plus nombreux dans le jeu. Au lieu de ça il faut se contenter d’une IA non seulement préhistorique mais qui en plus fait baisser le frame-rate de manière considérable à chaque action menée. Résultat, on en devient même indulgent en voyant les corps ennemis disparaître aussitôt abattus. Autre défaut majeur, une difficulté très mal dosée qui fait passer sans explication d’un passage franchement galère à une petite promenade de santé aux commandes d’un char (dont la « santé » se régénère toute seule !). Au final, un premier Call of Duty assez mitigé. On sent énormément l’influence de Medal of Honor dans un jeu qui peine encore à revendiquer une identité propre.
Killzone (2004)
Profitons de la sortie imminente de Killzone 2, nouveau FPS blockbuster annoncé en exclusivité sur PS3, pour revenir un peu sur son grand-frère, le trop souvent décrié Killzone premier du nom. Sorti chez nous en 2004 sur PlayStation 2, le titre concocté par Guerrilla offrait pourtant à l’époque d’agréables moments pour tout amateur de FPS en manque de sensations fortes. Malgré une réalisation parfois inégale, Killzone c’est avant tout une plongée éprouvante dans la résistance terrienne contre l’invasion des redoutables helghasts. Dans la peau de Jan Templar, vous allez devoir aider à repousser la première vague d’assaut ennemie. Heureusement, vous ne serez pas seul dans votre périple car bientôt rejoint par l’assassin Luger, le « débroussailleur » Rico Velasquez et l’espion Hakha. Une brochette pas ce qu’il y a de plus originale, certes, mais dont le mérite est plutôt d’offrir différentes possibilités d’approcher chaque mission, soit en finesse, soit en faisant pleuvoir une pluie de douilles. Autre petit plus, les relations entre ces quatre là qui, même si elles restes sommaires, apportent une petite touche d’humour bienvenue à des situations désespérées, principalement l’antipathie de Rico pour Hakha, d’une part pour sa nature de traître, d’autre part pour son origine mi-helghast mi-terrienne. Quelques jolis échanges à savourer entre deux rafales.
Histoire et choix des personnages mis à part, Killzone se présente comme un FPS tout ce qu’il y a de plus classique, gameplay y compris. Au niveau du contenu, onze missions à se mettre sous la dent et chacune d’entres elles subdivisée en quatre ou cinq parties avec objectifs distincts et tableau détaillé de vos performances en conclusion. C’est assez vite expédié mais plusieurs niveaux de difficulté prolongent un peu l’affaire. Du côté du jeu en lui-même, c’est plutôt réussi pour un titre PS2 sans être exceptionnel. C’est par exemple un peu trop grisâtre à force d’être réaliste. De réalisme il n’est par contre pas question avec une IA proche de la débilité mentale. On note aussi une grosse baisse de fluidité sur certains champs de bataille dès qu’ils sont un peu chargés ou subissent un « événement » comme la chute d’une navette. C’est regrettable mais on ne peut pas non plus reprocher à Guerrilla d’avoir voulu animer un peu un récit trop convenu. Ce qui m’amène d’ailleurs à une impression persistante de Killzone, celle de jouer à un simple préambule de jeu. Je m’explique. On repousse « seulement », la première vague d’assaut sans jamais rencontrer le big boss helghast. Il n’y a d’ailleurs pas de boss du tout à affronter dans Killzone, même pas à la fin, ce qui à mon avis a contribué à rendre le jeu frustrant ou simplement décevant pour pas mal de joueurs. Espérons que tout ceci sera corrigé dans Killzone 2 si par bonheur il enchaîne son récit avec le premier opus. Un petit mot enfin sur le multijoueur accessible en ligne mais également hors ligne. De facture classique et très complet, il prolonge convenablement la durée de vie du jeu. Au final, un petit FPS sympathique mais rien de bien mémorable.
Prince of Persia : Les Sables du Temps (2003)
Ubisoft a toujours eu coutume de nous surprendre avec ses jeux et ce depuis les premiers pas d’un certain Rayman. C’est pourquoi le succès éclatant de Prince of Persia : Les Sables du Temps, aussi bien artistique que critique, n’est qu’une demi surprise, et amorçait en tout cas le renouveau de la série. Il n’empêche que sans prévenir « Ubi » allait nous pondre la nouvelle référence en matière de plate-formes 3D sur PlayStation 2, détrônant la mythique Lara Croft de Tomb Raider avant d’être détrôné à son tour deux ans plus tard par le God of War de Sony et son divin Kratos qui lui doit tout ou presque. C’est aussi ça la magie du jeu vidéo, la capacité de certains à s’inspirer du travail de leurs prédécesseurs tout en le sublimant avec leurs idées propres.
Interrogeons-nous donc sur les éléments qui font de Prince of Persia : Les Sables du Temps encore aujourd’hui un jeu culte du genre de la plate-formes. En premier lieu il y a l’ambiance unique du titre. Car si Tomb Raider jouait à fond la carte Indiana Jones et God of War celle un peu plus sanglante et prestigieuse de la mythologie grecque, le titre d’Ubisoft lui louche plutôt du côté de Schéhérazade. Dans la peau d’un prince fier et arrogant, le joueur va devoir traverser un palais oriental bourré de pièges et autres mécanismes de défense pour espérer remonter le cours du temps et enrayer le cataclysme dont il est lui-même à l’origine. Sauf que cette aventure il ne sera pas seul pour la mener à bien puisque la belle et mystérieuse Farah sera elle aussi de la partie.
Un couple de fortune forcément complémentaire pour résoudre quelques énigmes bien tordues et dont on ne peut que saluer la discrète mais efficace évolution psychologique au fil de l’aventure avec un prince qui parle tout seul en mettant alors le joueur dans le rôle de sa conscience. Cette ambiance orientale où pourrait donc bien naître l’amour est confortée par une superbe bande originale à la hauteur de décors d’une exceptionnelle beauté, d’une grande variété et dont l’immensité n’est pas sans rappeler ceux des différents Tomb Raider. Et là encore il faudra attendre God of War pour trouver mieux dans le genre. Mais là où Les Sables du Temps se révèle véritablement novateur, c’est dans la richesse de son gameplay avec une gamme de mouvements bien pensée et la souplesse qui va avec pour s’en servir.
Néanmoins, car il y a bien toujours quelques défauts, des angles de caméra parfois exécrables et des combats dont la répétitivité n’a d’égale que l’imprécision viennent ternir quelque peu l’aventure. On appréciera quand même l’usage de la dague du temps pour se sortir d’un mauvais pas même si du coup la difficulté du titre en prend un coup. A ce sujet, il aurait aussi été préférable de ne pas « subir » les visions (vous me direz qu’on peut toujours les passer) à chaque point de sauvegarde puisque ces dernières vous montrent en un éclair la marche à suivre pour les minutes à venir. Sympa mais trop facile. D’autant plus que l’aventure n’excède pas les dix heures de jeu avec au final un boss d’une grande passivité. Quoi qu’il en soit, Prince of Persia : Les Sables du Temps demeure une référence à savourer dans un genre qui tend malheureusement peu à peu à disparaître sur les consoles nouvelle génération.
Metal Gear Solid 3 : Snake Eater (2005)
Après un premier passage sur PS2 mi figue mi raisin, le pape du jeu d’espionnage Hideo Kojima revient sur la console de Sony pour nous livrer une suite qui au final sera en fait une préquelle du premier épisode de la série MGS sorti sur PS1. (Attention, spoiler à suivre…) Autrement dit, vous n’incarnerez pas Solid Snake mais Naked Snake, son père, et évoluerez ainsi en pleine guerre froide. Un choix qui confirme l’intention de Kojima de bâtir une véritable mythologie autour de ses jeux. En témoigne également l’encyclopédie en ligne mise en place sur le PSN à la sortie de MGS4 pour étancher la soif d’informations des nombreux fans du bonhomme.
Et dans tout ça qu’en est-il de ce MGS3 ? Comme souvent dans les MGS, il y a du bon et du moins bon. Pour ce qui est du positif, il convient d’abord de saluer une réalisation encore une fois à la hauteur des ambitions de Kojima. Son jeu est magnifique et les cinématiques de toute beauté. On trouve également pas mal de nouveautés intéressantes comme le principe de camouflage pour vous fondre tel un prédateur au milieu de la jungle, le fait de devoir chasser pour manger (avec une nourriture qui pourri en quelques heures), la guérison maison « made by Snake » qui renforce considérablement le côté immersif du titre de Konami et enfin un côté « survie » très développé qui suscite une véritable addiction au jeu. De ce côté là, c’est du tout bon.
Venons-en maintenant aux défauts. En premier lieu, la caméra. Aberration totale, le joueur n’a plus accès au contrôle de cette dernière et doit se contenter d’élargir faiblement son champ de vision avec le joystick droit, ce qui oblige à passer son temps à plat ventre si on veut éviter d’être repéré. Sympa mais vu la taille des zones à quadriller, on en a vite assez de jouer au serpent. Côté infiltration, on repassera donc. D’autant plus que l’arsenal à la disposition du héros n’incite pas vraiment à jouer la carte furtivité quand il est si simple de sortir son fusil d’assaut pour défourailler sur tout ce qui bouge.
Du côté de l’histoire, c’est par contre du Kojima tout craché, c’est à dire atrocement bavard. Cinéphile et visiblement très fier de l’être (il n’y a qu’à voir son générique « bondien »), le japonais multiplie les références et démontre une fois de plus qu’il est convaincu de réaliser autant un film qu’un jeu vidéo. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi mais sa propension à déraper dans la diarrhée verbale est rapidement agaçante. Heureusement, l’histoire de ce MGS3 demeure beaucoup plus réaliste que celle de l’opus précédent. S’appuyant sur des faits et personnages historiques pour y greffer ses propres créations, Kojima remanie l’Histoire à sa guise et fait ça plutôt bien.
Snake, chargé de secourir un scientifique russe répondant au nom de Sokolov, croisera une fois de plus sur son chemin une galerie de freaks, les Cobras, sous l’égide de la charismatique « The Boss ». Secondé par une alliée de fortune, la pulpeuse Eva, le héros aura également pour mission de détruire le Shagohod, ancêtre du Metal Gear. Bref pas mal de boulot en perspective pour une durée de vie pourtant relativement courte puisqu’il est possible de boucler le jeu en moins de cinq heures pour les joueurs les plus aguerris. Sinon, MGS3 comporte quelques petits bonus (la plupart sont à débloquer) pour prolonger un peu le plaisir mais rien de bien intéressant. Le petit jeu Serpent contre singe consiste à attraper des singes dans la jungle. Sympa mais sans plus. Le mode duel vous propose de combattre à nouveau tous les boss du jeu. Enfin, le mode Demo permet de revoir toutes les cinématiques et vous avez également la possibilité de télécharger de nouveaux camouflages.
Au final, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater est un bon titre. Pas exempt de défauts, il n’en demeure pas moins largement supérieur à Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty par sa réalisation et surtout l’intérêt de jeu vous mettant véritablement dans la peau d’un John Rambo en plus discret. Ici pas trace (ou presque) du ridicule Raiden présent dans MGS2 juste pour contenter les petites nippones avides de héros androgynes mais un Snake, un vrai qui encaisse les coups mais n’est jamais le dernier pour en donner également. Bref, certainement le titre de Kojima conciliant le mieux jeu vidéo et cinéma. Et pour les fans de la série, c’est vraiment le chaînon manquant pour tout comprendre de la série MGS.
Devil May Cry 2 (2003)
Devil May Cry premier du nom était loin d’avoir fait l’unanimité et ce n’est sûrement pas ce deuxième opus qui parviendra à inverser la tendance. Pourtant les développeurs de chez Capcom ont clairement revu leur copie (enfin des scènes sous-marines dignes de ce nom) avant de rendre public cette suite tout de même relativement attendue par ceux qui étaient parvenu à fermer les yeux sur les nombreux défauts du premier. Toujours aussi costaud techniquement, le jeu est même nettement plus beau et plus fluide que son prédécesseur, en particulier le héros, Dante, qui gagne quelques mouvement fort sympathiques venant renforcer un gameplay certes assez bourrin mais dont la qualité d’immersion est réellement impeccable.
Pour ce qui est du contenu c’est par contre beaucoup plus mitigé. J’avais déjà souligné dans mon test du premier volet que la durée de vie était assez limite, entre cinq et dix heures. Ici, c’est sensiblement la même chose avec 18 missions pour Dante et 13 seulement pour Lucia, la nouvelle venue, soit cinq et trois heures en prenant vraiment votre temps, ce que l’on évite généralement de faire pour gagner un maximum d’orbes rouges (sphères faisant office de monnaie démoniaque que vos ennemis laissent en guise de cadavres) en bouclant les niveaux rapidement. On retrouve aussi les différents niveaux de difficulté à débloquer mais qui se révèlent à nouveau sans grand intérêt, le jeu ne méritant pas qu’on passe autant de temps dessus.
Venons-en au jeu en lui-même. Premier constat, le trip Castlevania du premier se révélant un fiasco, on est à nouveau en présence d’un beat’em all bien bourrin … en extérieur. Exit le huis clos “made in Konami” et bonjour la monotonie. Car ce qui faisait déjà défaut dans le premier n’existe plus du tout dans la suite. Autrement dit, Devil May Cry 2 est un jeu sans âme, un pur produit manufacturé. En témoigne le superbe bonus pour vous récompenser d’avoir terminé le jeu … une tenue DIESEL pour Dante. No comment. Non, ce qui choque vraiment c’est de proposer un jeu totalement dénué de scénario. Il y a un nouveau méchant, Arius, et un super méchant, Argosax, et vous devrez vous contenter de ça. En effet, ce ne sont pas les trois répliques de Dante et de Lucia (j’exagère à peine) qui permettront de vous mettre dans l’ambiance, puisqu’il n’y en a pour ainsi dire aucune.
Et pourtant, Devil May Cry 2 n’est pas si mauvais que ça. En premier lieu parce que l’aventure, même si elle est courte et manque cruellement d’enjeu, n’en constitue pas moins un bon moment à passer. Je pense notamment aux nombreux boss qui se dresseront sur votre chemin, ce qui n’a plus rien à voir avec les trois malheureux boss du premier qu’on devait battre et rebattre régulièrement. Avec DMC 2 on a enfin des boss qui ont de la gueule, avec chacun son style de combat, et des arènes à la hauteur également. Par contre, il est vrai que certains passages, notamment ceux dans le village et la ville fantômes sont relativement ennuyeux. Surtout que le jeu débute à cet endroit précis, ce qui à n’en pas douter en a rebuté plus d’un. Sauf qu’une fois passé cette intro décevante, on rentre réellement dans le vif du sujet avec quelques passages de plate-forme réussies et des scènes d’action rappelant un Metal Gear Solid 2, notamment la scène de poursuite en hélicoptère alors que vous grimpez le plus vite possible en haut d’un building en flamme. Bref, c’est loin d’être un grand jeu mais ce n’est pas non plus le ratage complet qu’on nous avait présenté. Personnellement, hormis l’aspect huis clos qui m’a un peu manqué (en grand amateur de Resident Evil), je l’ai trouvé plus original que le premier.
Beyond Good & Evil (2003)
Ce n’est pas tous les jours qu’on peut lancer un “cocorico” en évoquant un bon jeu vidéo. Un brin de chauvinisme que vous me passerez tant les productions françaises sont rares. Une rareté néanmoins compensée le plus souvent par des titres de qualité. C’est pourquoi Beyond Good & Evil, le bijou de Michel Ancel, mérite qu’on s’y attarde. D’autant plus que le monsieur est récidiviste puisqu’il est déjà à l’origine d’un certain Rayman. Il faut dire aussi qu’entre temps la société Ubisoft s’est considérablement développée. Résultat, les moyens sont là et ça se voit, même si la machine de Sony a parfois du mal à suivre la cadence.
Beyond Good & Evil se présente donc comme un jeu d’aventure en 3D. Aux commandes de l’héroïne Jade (avec la voix d’Emma de Caunes dans la version française, ce qui ne gâche rien), vous allez devoir affronter une terrible invasion extraterrestre. Rien de plus simple me direz-vous, il suffit de tirer dans le tas. Sauf que l’ennemi attaque de l’intérieur alors il va falloir jouer le coup en finesse. Car la petite Jade est avant tout un reporter. Armée de son appareil-photo, l’héroïne va devoir prouver l’invasion avec des clichés compromettants. Fort heureusement vous ne serez pas seul à affronter ce périple puisque vous serez tour à tour épaulé par votre oncle Pey’J, un porc mécano, et par l’agent secret Double H, respectivement la tête et les jambes.
Concrètement, le jeu se divise en quatre niveaux distincts (l’îlot noir, la fabrique de nutrilles, les anciens abattoirs et la base Domz sur la Lune), ce qui tout de suite en dit long sur la durée de vie du titre puisqu’il vous faudra environ une douzaine d’heures pour en faire le tour. C’est court, très court même si on évoque un niveau de difficulté très léger. Néanmoins, les phases d’action et d’infiltration sont complétées par une quête secondaire consistant à répertorier tous les animaux de la planète Hillys. Soyez donc vigilants et ayez le réflexe de tirer le portrait d’un boss avant de l’envoyer ad patres. Autre chose à savoir, les deux monnaies utilisées dans le jeu. D’une part les crédits habituels pour acheter divers bonus. D’autre part, les perles. Ces dernières, au nombre de 88, sont la véritable monnaie d’échange sur Hyllis. C’est grâce à elles que vous pourrez améliorer vos véhicules ; surtout votre hovercraft.
J’en viens maintenant à l’aspect “adulte” du jeu. Beyond Good & Evil bénéficie d’un scénario riche en rebondissements faisant la part belle à la manipulation. Le gros point fort du jeu de Michel Ancel, c’est qu’il a véritablement son identité propre. Bien que beaucoup trop court, il fourmille de détails qui contribuent grandement à l’immersion du joueur. Je pense notamment à tout le côté propagande faisant office de fil directeur de l’intrigue. Si vous avez l’idée de vous abonner aux deux bulletins d’informations de la cité, vous aurez en permanence la version officielle des évènements et la version officieuse proposée par la résistance du réseau IRIS. Côté divertissement, il y a également de quoi se réjouir entre les jeux de mots de Pey’J et les visites au garage Mammago (des rhinocéros accrocs au reggae, ça ne s’invente pas). Au final, c’est une bien jolie aventure que nous propose Michel Ancel. Certes trop courte, mais au formidable capital sympathie. D’autant plus qu’une suite est enfin annoncée après cinq longues années d’attente.
Devil May Cry (2001)
Devil May Cry est un titre assez spécial. Développé et édité par Capcom, connus avant tout pour Resident Evil, ce jeu d’action satanique très orienté beat’em all fait irrémédiablement penser au Castlevania de Konami, la référence absolue en matière de château hanté et tout ce qu’on peut trouver à l’intérieur. Sauf que là c’est Capcom qui offre et du coup l’approche n’est pas vraiment la même, malheureusement. Que ceux qui espéraient un titre approchant d’un Resident Evil ou d’un Castlevania se fassent donc une raison, ce n’est pas le cas. Pas d’intrigues à se mettre sous la dent pour rappeler le premier et une ambiance loin d’être assez travaillée pour se rapprocher du second. Non, Devil May Cry est avant tout un jeu beau et bourrin pour satisfaire les possesseurs de Playstation 2 jusqu’alors relativement sevrés en matière de titres phares sur leur nouvelle console favorite.
Et il faut avouer que, pour un jeu de 2001, le titre de Capcom a de l’allure. Le moteur 3D s’en tire plutôt bien et n’a pas trop de mal à suivre dans le feu de l’action. On ne peut par contre pas en dire autant de la caméra pour le moins exaspérante par moments. Mais bon, avec Capcom on a l’habitude. Autre mauvaise habitude de Capcom (que j’affectionne pourtant beaucoup pour tout le reste), le jeu est très court. Même en prenant son temps, il faut largement moins de dix heures pour en faire le tour (5 heures pour ma part et pour mon premier essai).
Pour le reste des défauts, on pourrait également évoquer les scènes sous-marines à la première personne qui sont franchement ratées. Mais là je serais indulgent car il s’agit vraiment d’un morceau synonyme de bête noire pour tous les programmeurs. Difficile en effet de trouver un jeu de ce genre avec des scènes sous l’eau mémorables pour un joueur. Enfin, à une action parfois assez confuse (toujours les caméras), j’ajouterais des boss pas terribles et trop peu nombreux puisqu’on recroise régulièrement les mêmes sur son chemin (l’araignée, le chevalier noir, le tas de boue verdâtre). Même chose d’ailleurs pour les monstres errants pas assez variés.
Au final un titre beau et agréable à jouer mais bien trop vite terminé. On est quand même très loin du chef d’œuvre annoncé. Resident Evil et consorts étaient également très courts mais avaient au moins le mérite de creuser un peu les méninges, ce qui n’est clairement pas le cas dans ce titre avant tout bourrin. Ce n’est pas pour rien qu’on gagne le mode « Facile Automatique » au bout de deux missions en mode normal… Alors certes le héros a une classe folle et des armes de dingue, mais ça ne fait malheureusement pas un jeu…
MAJ : Le jeu constitue en fait la première version de Resident Evil 4 qui a finalement évolué en Devil May Cry.
Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty (2002)
Après un excellent premier opus sur la Playstation, j’étais curieux de voir ce que pouvait donner un épisode sur Playstation 2. Et force est de constater qu’Hideo Kojima, créateur du jeu, était loin d’en avoir terminé avec Solid Snake, Otacon et toute la bande. Nettement plus ambitieux que son aîné, Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty est plus beau, plus intense, plus violent et encore plus “cinématographique” que le premier. Pour ce qui est de l’histoire, le jeu se scinde en deux parties distinctes. Dans la première vous êtes dans la peau de ce bon vieux Snake qui, aidé d’Otacon (le scientifique qui se pissait dessus dans le premier), débarque sur un Tanker pour y traquer et détruire un nouveau Metal Gear. La seconde partie quant à elle se déroule deux ans après les évènements du Tanker et vous met aux commandes d’un débutant répondant au surnom de Raiden. Celui-ci devra sauver le Président des Etats-Unis d’une prise d’otages et empêcher une attaque nucléaire. Pas mal pour un bleu.
Avant d’être relativement désagréable, je vais m’attarder un peu sur les bons points de cet épisode 2. Tout d’abord, le meilleur du premier a été conservé et amélioré, ce qui n’est pas rien. L’espionnage prime donc plus que jamais et se voit agrémenté d’une nouveauté réjouissante, à savoir un demi-mode FPS. Autrement dit, quand vous vous mettez à la première personne vous pouvez également dégainer votre arme équipée et faire des ravages dans les lignes ennemies. Sans aucun doute la meilleure surprise de cette suite qui contribue très fortement à une immersion totale dans la peau du héros, qu’il s’agisse de Snake ou de Raiden. Par contre, là où le bas blesse, c’est que les phases d’action sont beaucoup trop hachées par d’interminables séquences de dialogues, ce qui m’amène à la partie négative.
Avoir des ambitions véritablement artistiques pour un jeu vidéo, c’est tout à l’honneur d’Hideo Kojima. Vouloir proposer au public quelque chose de nouveau, à savoir un jeu qui se déroule comme un film d’action, semblait plutôt une bonne idée. Encore faut-il faire les choses correctement… MGS 2 est atrocement bavard ! Entre les appels répétés de votre équipe sur le Codec (en particulier Rose, la copine de Raiden dans la seconde partie, qui ne vous lâche pas chaque fois que vous voulez sauvegarder) et des cinématiques superbes mais à n’en plus finir, on a davantage l’impression d’être spectateur qu’acteur. Or, si j’avais voulu voir un film d’espionnage j’en aurais regardé un et très certainement avec un scénario un peu moins capilo-tracté et des personnages un peu moins stéréotypés et improbables.
C’est là le plus gros défaut du jeu, que certains pourraient juger minime, mais qui tape rapidement sur le système quand on est joueur avant tout. Sinon le jeu reste plutôt agréable. Les scènes d’action, même si trop courtes sont relativement variées et sont à l’origine de quelques jolies montées d’adrénaline devant son écran. De plus il est possible, comme dans le précédent volet, de faire durer un peu le plaisir avec plusieurs niveaux de difficulté ainsi qu’un nouveau système de Dog Tags (sorte de badges qu’on trouve sur les ennemis) à récupérer tout au long du jeu et dont le pourcentage de récupération vous fera gagner divers bonus cachés. Pour conclure j’évoquerais le côté réaliste et humorisitique du jeu qui lui apporte un bon capital sympathie. Entre les revues cochonnes pour attirer l’attention des soldats, les micros qui traînent pour surprendre certaines conversations douteuses, les insultes de vos coéquipiers si vous vous amusez à jouer au sniper avec eux ou encore les mouettes qui peuvent vous faire dessus, on passe aussi pas mal de temps à découvrir et s’amuser de ces petits détails. Bref, une réalisation excellente pour un jeu qui aurait pourtant pu être encore mieux.
God of War II (2007)
Après un premier opus pas plus attendu que ça et qui contre toute attente avait cassé la baraque dans les grandes largeures, God of War II était lui par contre très très attendu par les nombreux joueurs proches de la syncope après avoir découvert le premier. Cette suite avait donc pour lourde tâche de confirmer en faisant aussi bien sinon mieux que God of War premier du nom. Heureusement qu’aucun défi ne fait peur au divin Kratos ! Désormais le nouveau Dieu de la guerre après avoir terrassé Arès dans le premier épisode, Kratos s’attaque cette fois-ci à Zeus, rien de moins, mais pour cela il doit d’abord modifier son propre destin. Reprenant les bases du premier en améliorant ce qu’il était encore possible d’améliorer, les développeurs sont encore parvenus à repousser les limites de la Playstation 2, qu’on suppose véritablement à bout de souffle pour faire tourner un jeu aussi “costaud”.
Plus violent (voire carrément bestial), plus gore, plus dur (notamment certaines énigmes un peu plus tordues) mais aussi plus court que le premier, God of War II parvient sans peine à combler les attentes du joueur. Manier Kratos est toujours aussi jouissif, surtout que les possibilités d’attaques spéciales ont été revues à la hausse. Autre bonne nouvelle, les boss sont eux aussi venus en nombre et toujours aussi impressionnants. Bref, une nouvelle grosse claque que ce jeu. Et même s’il se termine beaucoup trop vite, on a qu’une seule envie une fois le générique de fin à l’écran, recommencer l’aventure en corsant un peu les choses.
Tekken 4 (2002)
Après un décevant Tekken Tag Tournament, sorte de Tekken 3 “Director’s cut”, Namco décidait de relooker “en profondeur” la version arcade de son Tekken 4 qui était loin d’avoir convaincu les amateurs de la série. Et même si le résultat affiche à l’évidence du mieux à tous les niveaux, force est de constater que les Tekken sont des jeux qui vieillissent très mal. En premier lieu parce que réservés à une pseudo élite. Dans Tekken la priorité n’est pas l’attaque mais la défense. Si vous savez bloquer et placer un contre, il n’y aura guère qu’un autre joueur maîtrisant lui aussi ces deux techniques de base essentielles pour vous tenir tête.
Du coup, la convivialité du jeu en prend un coup. Un manque de fun encore aggravé par un évident manque de peps. Les coups ne sont pas “ressentis” dans Tekken 4, pas plus que dans les précédents opus. On a en permanence la désagréable sensation que les adversaires se caressent, s’effleurent seulement comme dans une exhibition. Ajoutez à cela une vitesse de jeu loin d’être vertigineuse comparée aux autres jeux du même type, et la licence Tekken d’en prendre un coup au moral. Bref, un type de jeu qui a fait son temps.





