Folklore (2007)
Il fallait à la PlayStation 3 de Sony satisfaire au plus vite aux attentes de tous les joueurs dès son arrivée en Europe le 23 mars 2007. Mi-octobre de la même année vit donc débarquer chez nous un certain Folklore pour combler les attentes des amateurs d’action-rpg. Développé par Game Republic (Genji sur PS2 puis PS3 mais surtout Dragon Ball : Origins sur DS), Folklore se présente un peu comme un mix de tout ce qu’on peut aimer et détester aujourd’hui sur la machine de Sony, une sorte de poudre aux yeux pour amateurs de jeux next-gen qu’on souhaite visiblement endormir en leur proposant des jeux relativement beaux mais aussi terriblement creux. Des jeux dont il faut également déplorer une durée de vie le plus souvent inconséquente quand elle n’est pas carrément gonflée pour prolonger un peu l’aventure comme c’est le cas ici avec une histoire n’excédant pas les 12 heures et qui vous impose de boucler les cinq royaumes du Netherworld avec les deux personnages (grosso modo, faire deux fois un jeu de six heures…) pour pouvoir accéder au chapitre final. Gonflant.
Folklore vous propose donc, vous impose plutôt, de jouer avec un journaliste spécialisé dans l’ésotérique, Keats, et avec une jeune femme, Ellen, désireuse de retrouver sa chère maman. Jusque là tout va bien sauf que sur l’île irlandaise de Doolin où ils se trouvent réunis se trouve également une porte secrète donnant accès au royaume des morts (le Netherworld) et que, ça tombe bien, seuls nos deux héros peuvent franchir. Le jeu va ainsi alterner constamment entre le monde réel où le joueur va devoir enquêter (5 minutes maxi à chaque fois), subir d’effroyables dialogues (pas assez de sous pour se payer des cinématiques), et tout ça pour dénicher un mémento, artefact permettant d’ouvrir un des cinq royaumes du Netherworld. On plonge alors dans de la fantasy pure dans un action-rpg où le principe est d’absorber les Folks que l’on croise (des âmes humaines devenues agressives dans l’au-delà) pour mieux les réutiliser contre les autres adversaires en prenant garde bien entendu d’utiliser le bon élément, la bonne attaque à distance ou la bonne attaque de zone. Plutôt sympathique.
Ce qui l’est moins par contre, c’est que cet univers enchanteur (autant que peut l’être le royaume des morts hein…) s’avère très vite bien limité car linéaire au possible. Une poignée de zones où l’on doit faire le ménage jusqu’au semi-boss, puis encore quelques zones et enfin le boss lui-même. Point positif par contre, la difficulté est assez bien dosée sans être insurmontable. On peut toujours s’amuser à glaner quelques quêtes secondaires pour gonfler la durée de vie à 15 heures mais elles aussi sont loin d’être inoubliables. Seul intérêt, elles vous font gagner parfois des folks rares (c’est amusant au passage cette manie depuis pokémon de collectionner les bestioles ^^). Au final, on se trouve donc en face d’un soft qui n’est pas désagréable (graphiquement et musicalement par exemple) car à l’évidence plein de bonnes intentions. Seulement, le manque cruel de diversité, une gestion de caméra pas franchement idéale et un côté redondant vite exaspérant plombent considérablement l’aventure. Bref, à recommander uniquement aux inconditionnels du genre qui, deux ans après la sortie de la console, n’ont toujours pas grand chose à se mettre sous la dent.
Killzone 2 (2009)
Il aura fallut cinq longues années pour que Guerrilla finisse par nous proposer enfin la suite du premier opus de Killzone, sorti à l’époque sur PlayStation 2. Pour une fois, ça valait le coup d’attendre. Killzone 2 est à placer sur le haut du panier dans le genre pourtant sur-représenté des FPS PlayStation 3. Pourquoi ça ? Déjà parce que ce jeu est diablement beau, « sexy » comme disent les spécialistes, tout ce qu’il y a de plus fluide et surtout terriblement intense. Suite directe de son grand-frère, le titre de Guerrilla nous plonge cette fois ci directement dans une immense contre-offensive des terriens bien décidés à damer le pion du dictateur Helghast Scolar Visari. Par contre, out l’équipe du premier Killzone ou presque. Jan Templar, devenu colonel entre temps, n’est plus jouable. Même chose pour ce cher Rico Velasquez, qui a lui aussi pris du galon, et avec qui on pourra quand même faire équipe dans certaines missions. Quant à Luger et Hakha, ils ont malheureusement disparu. A leur place, on incarne le baroudeur « Sev » accompagné par d’autres vétérans, Garza et Natko. Autant dire que la bande d’un Gears of War premier du nom n’est pas loin… Un joli compliment au passage puisque le titre de Guerrilla emprunte pas mal à celui d’Epic avec le système de ré-animation ou bien encore le niveau du train qui achevait GoW. Seule grosse absence notable et à déplorer, un système de mise à couvert à la GoW aurait été le bienvenu.
On incarne donc Sev, membre de l’équipe alpha des forces spéciales de l’ISA, et l’on va devoir… survivre, tout simplement, au gré des différentes missions. Des missions au nombre de 10, chacune étant subdivisée en quatre ou cinq chapitres, qui vous prendront entre 8 et 10 heures pour en venir à bout. C’est court, mais on a vu pire. Vous pourrez bien entendu corser un peu la chose avec quatre niveaux de difficulté assez bien dosés. Pour ce qui est du jeu en lui-même, le maître-mot est à n’en pas douter « intensité ». Killzone 2 est un titre pesant, explosif, qui prend aux tripes pour ne plus vous lâcher. La principale raison est une intelligence artificielle résolument revue à la hausse par rapport à celle du premier Killzone façon « tir au pigeons ». Ici tout a changé, et vous devrez faire face à d’innombrables vagues d’ennemis constamment en mouvement, qui ne se livrent pas facilement et surtout qui ne vous laissent quasiment aucune chance au corps à corps. Fort heureusement, un joli petit arsenal est à votre disposition, comme des lance-flammes et autres canons électriques (sans oublier le super jouissif exo-squelette, ou plus simplement prendre les commandes d’un cousin du ED209). Par contre, l’attention étant portée sur le réalisme, impossible de trimballer plus d’un « fusil » et d’une « arme de poing » à la fois. Il faudra donc faire le bon choix pour rester en vie assez longtemps jusqu’au check-point suivant.
Graphiquement irréprochable (les cinématiques sont à pleurer) avec des effets de lumières, de jeux d’ombres et d’explosions à chaque instant (le détail qui tue, les drapeaux qui se consument lentement si vous vous amusez au lance-flammes dessus), Killzone 2 se démarque également par de superbes musiques guerrières qui contribuent grandement à une immersion totale dans cette haletante course-poursuite contre Visari et son bras droit Radec. Enfin, avant de conclure sur le mode multi-joueurs, quelques mots sur les défauts du titre de Guerrilla. Premier d’entre eux, c’est forcément très scripté et donc très linéaire. L’aire de jeu est grande mais on est loin de faire ce qu’on veut et encore moins d’aller où l’on veut. Ensuite il y a les helghasts eux-mêmes, qui se ressemblent tous. Autrement dit, il suffit de flinguer tout ce qui a les yeux rouges. Un manque de variété concernant le character-design qui se retrouve également par la cruelle absence de boss. Un détail technique « immersif » sur lequel je reviens aussi, l’absence d’un vrai système de mise à couvert avec seulement la touche L2 pour se baisser. Un peu léger. Enfin, le plus gros absent du jeu, un mode co-op qui n’aurait vraiment pas été de trop pour le mode Elite, et qui aurait sans aucun doute été le « détail » permettant à Killzone 2 de passer du statut de bon jeu à celui de Hit. Un gros manque que peine à combler le mode Zone de Guerre, assez fourni et intense mais relativement bordélique pour l’instant. Au final, un bon titre PS3 et la preuve que cette machine en a quand même dans le ventre quand on s’en donne les moyens.
Heavenly Sword (2007)
C’est un joli pétard mouillé que nous a livré l’équipe de Ninja Theory avec Heavenly Sword. On osait à peine espérer un préambule à God of War III mais au lieu de ça nous sommes plutôt en présence d’un beat’em all linéaire au possible, beaucoup trop répétitif (même pour le genre), bourrin à l’extrême et surtout terriblement court. Pourtant il y a quand même du bon dans ce titre, à commencer par une histoire certes assez classique mais très bien amenée grâce à une intéressante galerie de personnages torturés, à commencer par la charismatique héroïne énervée Nariko qui n’a rien à envier pour le coup au divin Kratos. Ces derniers sont d’ailleurs particulièrement bien mis en valeur grâce à un doublage français de qualité et des cut-scenes simplement bluffantes quant aux émotions qu’elles parviennent à faire passer à l’écran. A noter au passage que ce n’est rien de moins qu’Andy Serkis lui-même (Gollum dans Le Seigneur des Anneaux) qui prête ses faits et gestes au tyran Bohan. Un plus indéniable et appréciable.
Côté réalisation donc, le jeu offre de belles promesses pour l’avenir de la Playstation 3 sans jamais les tenir à aucun moment. Il s’agit également d’un des rares titres à solliciter quelque peu la gyroscopie de la manette Sixaxis avec plusieurs séquences de tir à la cible pas évidentes tant qu’on a pas compris le truc, notamment l’inversement des angles de caméra d’un écran à l’autre. Quoi qu’il en soit, Heavenly Sword donne le plus souvent l’impression d’une belle vitrine désespérément vide alternant les phases monotones où l’on ne croise personne dans des décors somptueusement animés et d’autres sur les champs de bataille où au contraire on ne sait plus où donner de la tête et de l’épée. Un petit mot d’ailleurs sur les angles de caméra dont la gestion n’a de mémoire jamais été aussi calamiteuse dans un jeu avec les gâchettes qui permettent seulement une mini rotation temporaire pour élargir son angle de vision. Le résultat est complètement inutile et sans aucune souplesse. Au final, Heavenly Sword n’est guère mieux qu’un God of War du pauvre. Un jeu sans aucune consistance qui vous occupera un petit après-midi avant de passer à autre chose.
Little Big Planet (2008)
Depuis le temps que la PlayStation 3 nous promettait de l’originalité tandis qu’elle se limitait à nous servir des épisodes 4 sans saveur, il aura finalement fallu le concours de Media Molecule et de son Little Big Planet pour enfin découvrir autre chose sur la plate-forme de Sony. Un jeu de plate-formes communautaire, rien que ça. Cependant, une fois la surprise passée, il faut bien reconnaître à LBP quelques défauts majeurs plus ou moins bien dissimulés par une identité graphique particulièrement réussie. Car si le jeu de Media Molecule se veut mignon à souhait même pour les gros durs, il souffre dans le même temps d’un gameplay pour le moins flou et hasardeux qui gâche constamment la fête. Pas tant le fait de pouvoir jouer sur trois plans différents à la fois façon Paper Mario, mais plutôt ce que certains spécialistes ont qualifié de jouabilité « lunaire » particulièrement agaçante. Bref, le point crucial à ne pas rater pour ce type de jeu… est raté. Dommage.
L’autre gros point faible du titre c’est que, aspect communautaire oblige, le côté solo est très très vite expédié. Comptez quatre ou cinq heures grand maximum pour boucler tous les niveaux à plus de 80%. Plutôt léger pour le joueur qui n’a pas Internet et ils sont encore nombreux dans ce cas. Reste donc le côté communautaire… Alors oui l’éditeur de niveau est bien achalandé avec une foultitude de possibilités… à condition de vouloir et pouvoir s’y investir réellement. En effet, il vous faudra un sacré moment pour pondre un niveau « correct » d’une part niveau originalité et « CORRECT » d’autre part question droits et licences au risque de vous faire purement et simplement supprimer votre bébé lorsque vous le proposerez à la communauté sans aucune possibilité de récupérer votre œuvre. Frustrant, et pas qu’un peu. Résultat, ce qui aurait dû être un festival de niveaux débridés n’est à l’heure actuelle qu’une vaste poubelle avec de temps en temps une pépite à savourer, généralement des stages thématiques reconnaissables en un clin d’œil. Un dernier mot enfin sur le côté multi-joueurs lui aussi assez décevant avec un « hôte » tout puissant qui plombe généralement les parties. Bref, même s’il restera dans les annales pour avoir émancipé un peu la communauté PS3 et qu’on s’amuse sans problème dessus les premières heures, difficile de s’y attarder plus que de raison à moins d’être un créatif dans l’âme.
Uncharted : Drake's Fortune (2007)
Pour son arrivée sur PS3, l’équipe de Naughty Dog fait une entrée remarquée car remarquable. Habitués à nous proposer des titres de qualité dans le milieu de la plate-formes avec la série des Crash Bandicoot sur PS1 puis celle des Jak and Daxter sur PS2, l’équipe des développeurs entendait donc frapper un grand coup sur la nouvelle machine de Sony en proposant du jamais vu au joueur. Mission en grande partie réussie. Car si Uncharted : Drake’s Fortune n’est pas vraiment parfait, force est de constater qu’il s’agit encore aujourd’hui d’un des plus beaux titres de la PS3. Pour quelle raison ? Tout simplement parce que le souci du détail est omniprésent et que cela se voit indubitablement. Qu’il s’agisse de la végétation sans cesse en mouvement, des vêtements du héros qui restent mouillés un moment après un passage aquatique, des inscriptions sur les murs ou encore des mulots et autres corbeaux qui s’enfuient à votre approche, rien à dire sur la finition du titre.
Ce souci du détail est également agrémenté d’un réalisme à toute épreuve qui confère au jeu un côté immersif exceptionnel. En premier lieu il y a le héros, Nathan Drake, lointain descendant de Sir Francis Drake, dont le capital sympathie et l’humour sont un bonheur de chaque instant. On ne compte plus les passages hilarants le mettant en scène. Dommage toutefois que les autres personnages, même si bien au-delà de ce qu’on a l’habitude de croiser dans les jeux, ne bénéficient pas d’autant d’attention de la part des développeurs. Un Nathan Drake unique donc qu’on pourrait voir comme un croisement entre Indiana Jones et Lara Croft. Bref, un aventurier digne de ce nom. Le réalisme on le retrouve également dans un scénario riche et complexe, plein de rebondissements, et qui compense son manque d’originalité par un rythme emmené. Dommage par contre que l’aventure soit bouclée en une dizaine d’heures avec toutefois l’envie de recommencer pour dénicher les 60 trésors cachés disséminés un peu partout dans la jungle. Côté gameplay, c’est un petit peu du Tomb Raider pour les nuls. Avec notre attention focalisée sur la fluidité des mouvements de Drake et son aisance simiesque pour escalader une falaise et s’agripper à la moindre saillie de rocher, on en oublierait presque que l’on est à l’origine de tout ça tant les commandes sont intuitives. Peut-être même trop en fait à cause d’une assistance un peu trop évidente. Bref, on est très loin de cette chère Lara dont il fallait calculer les sauts au pixel près pour ne pas s’empaler dix mètres plus bas. Enfin, pour ce qui est du contenu, le jeu alterne sur un rythme de métronome les phases d’explorations et les phases d’action sous forme de gunfights, très réussies mais un peu monotones à la longue. Il n’empêche que ce Uncharted : Drake’s Fortune a tout du bon petit jeu qui vous occupera quelques jours et que vous reprendrez avec plaisir en haussant la difficulté un peu plus tard. Pour moi, un véritable coup de cœur.
Soul Calibur IV (2008)
Avec l’arrivée du titre de Namco sur PS3 et X360, les consoles NextGen auraient-elles trouvé enfin leur jeu de combat ? Il est probable que oui étant donné une concurrence quasi absente dans le genre. Les développeurs de Soul Calibur IV n’avaient donc pas trop la pression pour nous livrer la nouvelle mouture de leur célèbre trilogie. Ils n’ont pas chômé pour autant avec un rendu visuel de qualité malgré quelques bugs d’affichages inacceptables à ce niveau là, par exemple les armes qui passent à travers les vêtements, les capes et cheveux très mal animés, etc… Mais le plus exaspérant demeure les innombrables temps de chargement. Honteux pour une machine soit-disant si performante. Il n’empêche que ce Soul Calibur IV a quand même de l’allure sur un écran Full HD et se défend encore pas mal sur PS3 avec du 720 contre du 1080 sur X360.
Venons-en maintenant au contenu. Le mode solo est divisé en quatre sous-modes. Le premier d’entre eux, le mode Histoire, est sans grand intérêt par manque de challenge, et ce malgré deux niveaux de difficulté tous deux dérisoires pour un habitué de la série. On trouve également un mode entraînement relativement simpliste et un mode Arcade un peu plus relevé que le mode Histoire sans toutefois poser de véritables problèmes sauf quand l’apprenti a un coup de speed. Reste le mode Tour des âmes, de loin le plus intéressant du titre de Namco, car le seul offrant un véritable challenge au joueur aguerri. Soit vous décidez de grimper les 50 étages de la tour (au début vous n’aurez pas le choix d’ailleurs) avec les choses qui se compliquent sérieusement au-delà de l’étage 35. Soit vous décidez de descendre les étages inférieurs et là vous vous retrouvez dans un survival classique. Dans les deux cas, le plaisir de jeu est bel et bien là.
Je passe rapidement sur le mode versus et la présence « surprise » de Dark Vador sur PS3 (Yoda sur X360) pour en arriver à ce qui reste pour moi la grande réussite de Soul Calibur IV, la création de personnages. Jeu en ligne oblige, tout ou presque est désormais customisable avec les nombreuses armes et pièces d’équipements que vous débloquerez en finissant le jeu en long, en large et en travers. Après avoir décidé de modifier un combattant existant ou de créer le votre de toute pièce, vous pourrez ensuite l’habiller des pieds à la tête sans oublier de l’affubler de certaines compétences de survie indispensables pour espérer triompher dans la tour des âmes. Par exemple le vampirisme type A pour récupérer des pv en laminant un ennemi. Résultat, dans le jeu en ligne on croise absolument de tout et c’est ma foi fort sympathique. Le jeu en ligne parlons-en justement.
Attendu comme le messie pour démultiplier la durée de vie du jeu, ce mode en ligne s’avère finalement assez décevant. En premier lieu parce que les modes de jeu sont bien trop restreints puisque vous aurez uniquement le choix entre un versus standard, un versus spécial (avec persos modifiés) ou une partie entre amis. Personnellement, j’aurais beaucoup apprécié la possibilité de participer à des tournois, des combats par équipe et autres réjouissances du même acabit. Surtout que, vu le nombre de joueurs déjà au classement en ligne, il y avait vraiment de quoi faire des heureux. Espérons que Namco y songe sérieusement par la suite. Sinon, parmi les petits trucs quand même sympathiques dans ce titre, il convient de signaler les armures dorénavant destructibles en trois endroits, la possibilité de changer de combattant en plein match et l’apparition des KO critiques, sortes de fatalités « in game », sympathiques mais pas évidents à placer en combat. Au final donc, plutôt un bon titre que ce Soul Calibur IV. Le jeu en lui-même est réussi avec pas mal de personnages jouables mais le mode en ligne peine à prolonger une durée de vie toujours aussi faible pour ce genre de titre qu’on délaisse généralement au bout de quelques jours.
Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots (2008)
Il était terriblement attendu ce jeu, autant par les inconditionnels de la série que par ses fidèles détracteurs, mais aussi par tous les possesseurs de PS3 se languissant d’un vrai jeu digne de leur console. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Hideo Kojima est au rendez-vous en donnant tout ce qu’il a dans le ventre, au risque même de nous refiler sa diarrhée… Car si MGS4 est à n’en pas douter la nouvelle Roll’s Royce de la PS3 pour l’heure actuelle, il s’agit également du jeu le plus terriblement bavard de la création. Pour faire simple, je crois bien que c’est la première fois que je passe plus de temps devant des cut-scenes et autres cinématiques plutôt qu’à jouer. Et cette passivité en tant que joueur est d’autant plus frustrante que le jeu « en action » est terriblement séduisant.
Autre déception majeure, le côté infiltration qui n’est plus qu’un vague ersatz dans ce dernier (?) opus. C’était déjà flagrant dans l’épisode 3 mais là impossible de se voiler la face. Avec le marchand d’armes Drebin toujours prêt à vous fournir du nouveau matos, ainsi que la possibilité de revendre toutes les armes trouvées sur les cadavres, notre bon vieux Solid Snake est une véritable machine de guerre à lui tout seul, le vrai « Arsenal Gear ». Une orientation FPS que ne dément pas le moteur du jeu puisque qu’il ne faut pas longtemps pour comprendre que Kojima nous propose sa version « otaku » et sauce anticipation de Call of Duty 4. C’est d’ailleurs le point fort de ce MGS4 qui vous propulse sur divers champs de bataille en ne ménageant jamais votre ivresse de combats…
Cependant, Kojima ne s’arrête pas en si bon chemin et, épisode prétendument conclusif oblige, entend boucler la boucle en passant en revue tous les moments clés de la saga Metal Gear Solid. Apprêtez-vous donc à un véritable déluge de références aux précédents opus un peu à la manière des références cinéphiles lourdingues de ces derniers. Pas un seul personnage n’échappe ainsi au filet lancé et rares sont les zones d’ombre à ne pas être éclairées par MGS4. Bref, si vous n’aviez pas encore décroché de la trame principale des trois premiers épisodes, celui-ci sera un régal. Sinon vous allez trouver le temps long… Le principal avantage de tout cet abattage chronologique, c’est la présence de nouvelles séquences clé qui une fois encore parleront davantage et feront à n’en pas douter beaucoup plus d’effets aux amateurs de la série.
Divisé en cinq actes plus un épilogue interminable, la tragédie de Kojima nous balade donc un peu partout dans un futur apocalyptique. Moyen-Orient, Amérique du Sud, Europe de l’est et même cette bonne vieille île de Shadow Moses ayant assisté aux premiers pas de Solid Snake, le joueur voit du pays même si la durée de vie n’excède pas une petite vingtaine d’heures grand maximum, ce qui est toutefois bien supérieur aux précédents opus. N’oublions pas non plus qu’il s’agit d’un Blu-Ray… Au final, un bon titre, voire un très bon titre que ce MGS4. Hideo Kojima s’est visiblement fait plaisir en cédant aux sirènes du FPS pour boucler sa saga MGS et même si son jeu souffre de nombreuses longueurs, certaines cinématiques simplement somptueuses rattrapent le tout à l’image de cet affrontement dantesque opposant Vamp à Raiden (qui a bouffé de la testostérone par packs de 12) mais aussi, et surtout, certains passages de jeu jubilatoires comme de se retrouver aux commandes d’un Metal Gear Rex avec en face un Metal Gear Ray. Que demande le peuple ?
PS : Suivront peut-être plus tard quelques mots sur Metal Gear Online (impossible à tester actuellement grâce à la mise à jour 2.40 de Sony…)





