The Chronicles of Riddick : Assault on Dark Athena (2009)
Escape from Butcher Bay avait connu un beau succès d’estime sur la première Xbox. C’est donc logiquement que Starbreeze remet le couvert en ayant toutefois signé entre temps le sympathique The Darkness. On retrouve ainsi le charismatique Richard B. Riddick de nouveau emprisonné, cette fois ci non pas dans une taule elle-même nichée sur une planète hostile mais à l’intérieur d’un gigantesque vaisseau spatial abritant des mercenaires dont une vieille connaissance de notre héros nyctalope. Désireux de mettre les voiles tout en réglant quelques comptes, Riddick va donc jouer au fantôme de l’espace. Et là où Starbreeze et Atari ont eu une bonne idée, c’est en offrant également au joueur la possibilité de (re)faire d’abord Escape from Butcher Bay dans une version intégralement remasterisée en HD. Un doute s’installe pourtant, Assault on Dark Athena était-il si court et si léger niveau contenu qu’on a jugé préférable de recycler le premier opus pour étoffer le tout et éviter ainsi les foudres de la critique ? Pour moi le doute n’est pas permis.
En effet, si Escape from Butcher Bay était une très bonne surprise, on ne peut malheureusement pas en dire autant de son cadet qui multiplie les maladresses jusqu’à saturation. Déjà il y a la durée de vie vraiment ridicule. Certes, c’est devenu une habitude sur les consoles next-gen d’avoir des softs vite expédiés avec comme excuse récurrente pour la plupart qu’ils offrent un mode en ligne « inépuisable », mais là on atteint vraiment des sommets dans l’art de bâcler le travail. Surtout que là, le mode multijoueur est vraiment limite avec un festival de bugs qui témoigne encore une fois d’un jeu sorti semble-t-il beaucoup trop tôt… Des bugs qu’on retrouve par ailleurs dans le jeu solo alors qu’ils étaient bien plus rares dans le précédent opus. Même chose pour l’histoire, l’atmosphère générale et les personnages, beaucoup moins travaillés. Résultat, un gros manque de rythme et d’intérêt que peine à compenser cette fois ci le plaisir d’incarner Riddick. Et dans ce genre de jeu il n’y a pas de miracle, quand le manque d’enthousiasme des développeurs est aussi flagrant, il se communique logiquement au joueur qui passera donc son chemin.
Resident Evil 5 (2009)
Cinq ans qu’on l’attendait ce nouveau Resident Evil après le succès critique et commercial du quatrième opus. Et Capcom ne s’y est pas trompé en ne prenant aucun risque puisqu’il nous propose une copie presque conforme de Resident Evil 4. Autrement dit, un gros blockbuster d’action à la réalisation haut de gamme. C’est tout. Forcément, il y a de quoi être un peu déçu quand on affectionnait la première trilogie. Et je dis « première trilogie » car pour moi Resident Evil tel que je l’aimais est mort au générique final de Code Veronica, l’épisode 3,5. Je ne dénigre pas pour autant la nouvelle tournure de la série phare de Capcom mais j’avoue que je ne suis pas revenu sur Resident Evil 4 une fois terminé contrairement aux premiers épisodes que j’ai visité dans tous les sens avec à chaque fois le même plaisir. Sans doute l’absence d’énigmes d’une part et la disparition du côté « survival-horror » d’autre part avec deux nouveaux épisodes, 4 et 5, qui misent davantage sur le stress que sur la peur. Le public n’est plus vraiment le même, le jeune public tout du moins, et le jeu prend dong « logiquement » la tangente vers de nouveaux horizons plus rentables.
Résultat, on se retrouve avec un titre qui a clairement de l’allure. Resident Evil 5 est beau, bien rythmé, et offre une aventure relativement intéressante ponctuée par quelques boss mémorables. S’il ne devait en rester qu’un, l’Uroboros, nouvelle bête noire (oui je sais, c’était facile…) de la série. Côté gameplay c’est par contre loin d’être aussi beau. Tout simplement parce que rien ou presque n’a changé en cinq ans. Plus gros défaut à retenir, l’impossibilité de se déplacer tout en visant et tirant, ce qui oblige à d’incessants allers-retours pas réalistes pour un sou à bord de notre brique bodybuildée Chris Redfield. Quant à l’inventaire, souvent décrié dans les tests que j’ai parcouru, je l’ai trouvé pour ma part plutôt efficace. Non, la grande nouveauté de ce Resident Evil 5, c’est sans conteste le mode co-opération, sans réel intérêt en jouant avec l’IA (pour faire simple : un boulet qu’on cantonne généralement à faire le porteur de munitions), mais plutôt sympa avec un compagnon d’infortune. Autre petit plus agréable, un mode « Les Mercenaires » à débloquer rappelant beaucoup le mode « Horde » de Gears of War 2. Bref, des vagues d’ennemis à terrasser tout en s’efforçant de rester en vie. Pour conclure, disons que nous sommes en présence d’un jeu d’action honnête et plutôt soigné dans l’ensemble, jouissant d’une durée de vie pas trop riquiqui (entre 9 et 13h selon votre façon de jouer, plus le jeu en ligne), mais qu’on pouvait également espérer bien meilleur après une si longue attente. Comme on dit, pas de risque, pas de gloire.
Street Fighter IV (2009)
Doux euphémisme de dire que ce jeu était attendu par des millions de joueurs depuis de longues années. Mais pas n’importe lesquels… Résultat, si Capcom a su combler l’attente de ses fans de la première heure, il n’en va malheureusement pas de même pour les néophytes ou les joueurs occasionnels de jeux de baston. Pour dire les choses simplement, tout joueur s’étant jadis ruiné financièrement sur une borne d’arcade avant de se ruiner les pouces sur ses manettes 16 bits ne pourra être que comblé par ce Street Fighter IV. Esthétiquement, c’est une merveille de tous les instants. Sans jamais trahir le cultissime Street Fighter II, les développeurs de chez Capcom ont su retrouver l’essence de ce second volet tout en la sublimant à tous les niveaux. Même chose au niveau des commandes de jeu qui demeurent plutôt fidèles nonobstant quelques ajouts bienvenus comme les Ultra Combos pouvant renverser la vapeur d’un combat à tout moment. Et puis il y a bien sûr, cerise sur le gâteau, le jeu en ligne pour mesurer qui a la plus longue. Bref, l’amateur de la première heure y trouvera largement son compte et plus encore s’il est l’heureux possesseur d’un stick arcade digne de ce nom. Sinon il est bon pour acheter des pansements avec une manette pas franchement indiquée pour le genre. A ce titre là, le matériel de Sony est pour une fois bien plus indiqué.
Je vais maintenant laisser parler la schizophrénie et me faire l’avocat du diable. Alors oui Street Fighter IV est beau et fait particulièrement du bien dans l’univers du jeu de baston next-gen où Soul Calibur IV, dans un registre certes un peu différent, règne en maître incontestable depuis sa sortie l’été dernier. Pourtant tout est loin d’être parfait dans le titre de Capcom. Car finalement la seule chose qui soit vraiment belle ce sont les combattants eux-mêmes. On ne peut pas en dire autant des décors en 2D relativement laids, pas plus que de certains détails qui brouillent désagréablement la rétine comme les cuisses de Chun-Li, simplement immondes. Autre « détail » qui blesse, mais l’oreille cette fois ci, une bande son très moyenne avec aucun thème marquant, voire carrément détestable si l’on évoque par exemple celle du générique d’introduction. Au niveau du contenu c’est également loin d’être byzance. Une grosse trentaine de personnages, soit, mais des modes de jeu très limités puisqu’il faudra se contenter des modes Arcade, Versus, Défis (Time Attack, Survival) et jeu en ligne via le Xbox Live. Vraiment le minimum syndical. Bref, comme tout jeu de baston, on en a très vite fait le tour. Et ce ne sont pas les différents titres et autres icônes à déverrouiller qui parviendront à convaincre les plus réticents. Enfin, ce qui demeure le plus gros défaut à mon sens, la difficulté de ce Street Fighter IV, échelonnée de Débutant à Maître sur 7 niveaux, et qui en refroidira plus d’un. Au final, cela reste un bon titre, mais à réserver aux puristes.
F.E.A.R. : First Encounter Assault Recon (2006)
A l’occasion de la sortie de F.E.A.R. 2 : Project Origin, j’en profite pour revenir sur le premier opus, ou plus précisément sur le portage X360 d’un jeu résolument PC à l’origine. F.E.A.R. premier du nom avait marqué les esprits des pcistes et pas que en proposant au joueur un mélange plutôt inhabituel mais ô combien efficace avec un habile compromis entre le FPS et le Survival-horror. Le résultat ? Un jeu à l’ambiance unique, oppressante à souhait. Alternant les longues phases de déambulations stressantes dans des couloirs aux lumières incertaines et des affrontements particulièrement intenses avec les innombrables forces Replica, F.E.A.R. est un titre qui jetait vraiment un pavé dans la mare à sa sortie en démontrant qu’on pouvait faire les jeux autrement mais aussi les jouer autrement, notamment en soignant le côté immersif généralement absent de la majorité des FPS classiques. Car le jeu de Day 1 Studios (Monolith à l’origine), et c’est à n’en pas douter LE plus de F.E.A.R., a aussi le mérite de développer un scénario dont la richesse n’a d’égale qu’un plaisir malsain pour le mystère. Une fois dans la peau d’un quelconque agent du F.E.A.R., groupe d’intervention d’élite spécialisé dans le paranormal, on se retrouve parachuté dans une course-poursuite sans jamais réellement savoir après quoi on est en train de courir. Les réponses viendront petit à petit cependant…
Pour ce qui est du jeu en lui-même, dès les premières secondes on est happé par l’atmosphère qui s’en dégage. A noter au passage un excellent travail sur la musique et les bruitages, discrets mais redoutablement efficaces. Partant du principe que moins on en sait, plus on en imagine, les scénaristes nous lâchent sans explication ou presque dans d’immenses complexes où la lumière fait cruellement défaut, et c’est tant mieux. Muni d’une poignée d’armes plutôt classiques (pistolet, fusil à pompe, fusil mitrailleur) à quelques exceptions près (le fusil à particules) et d’une providentielle lampe-torche, notre héros on ne peut plus discret (sûrement pour ne pas interférer avec le récit) va donc devoir partir en exploration avec ses tripes bien accrochées. Car aux rencontres musclées viennent également s’ajouter par petites touches des apparitions et autres images subliminales dévoilant peu à peu le voile sur la mystérieuse fillette Alma, véritablement glaçante du début à la fin. On sent d’ailleurs au passage l’influence d’un cinéaste comme Hideo Nakata avec cette gamine dont les cheveux nous dissimulent le plus souvent son visage et surtout son regard. Et cerise sur le gâteau, j’y reviens un instant, cette lampe-torche dont l’autonomie riquiqui (qui en a fait enrager plus d’un) nous contraint à plonger dans le noir régulièrement bon gré mal gré. Et quoi de mieux au beau milieu d’une fusillade endiablée ou juste au moment d’une apparition d’Alma ? Perso j’ai adoré, comme tout le reste des effets de lumière du jeu d’ailleurs, qui sont vraiment de qualité au même titre que les explosions.
Maintenant que l’ambiance est bien installée, venons-en aux plus et aux moins du jeu. Au niveau des défauts les plus évidents, j’insisterais surtout sur un level-design beaucoup trop limité qui donne assez souvent l’impression de tourner en rond. Autre gros défaut de variété, celle des ennemis. Avec comme excuse d’affronter des soldats clonés, on doit croiser en tout moins d’une dizaine d’adversaires différents. Vraiment frustrant. Moins gênants par contre, la gestion des impacts de projectiles et de l’ombre de notre héros donnant lieu à pas mal de bugs mais qui ont par contre le mérite d’être là. Et pour conclure sur les points négatifs, je ne peux pas éviter d’évoquer les superbes descentes d’échelles qui m’ont vraiment bien fait rire. Le positif maintenant. Déjà l’ambiance, comme vous l’aurez sans doute compris. Dans ses phases d’exploration angoissante, F.E.A.R. n’est pas sans rappeler le premier Half-Life qui déjà vous abandonnait à votre sort. Ici, le plus simple est encore de dire que la peur est « réelle » pour qui aime se prendre au jeu, et c’est mon cas. Autre gros point fort, les phases FPS d’autant plus explosives qu’elles succèdent à de longues accalmies. Limité dans le nombre d’armes que vous pouvez transporter (ce qui vous oblige à bien gérer selon les ennemis rencontrés) mais heureusement doté de réflexes surhumains vous permettant de déclencher un ralenti l’espace de quelques secondes, vous devez affronter moult ennemis et pas n’importe lesquels. Car F.E.A.R., non content d’offrir du FPS de haute volée, dispose également d’une IA réellement impressionnante. Usant et abusant de grenades pour vous déloger, n’hésitant pas non plus à contourner un obstacle pour vous prendre à revers ou à se dissimuler dans l’ombre pour mieux vous cueillir, les soldats Replica sont loin d’être les premiers venus. Un plus réellement appréciable.
Au final, F.E.A.R. est un excellent titre qui a en plus le mérite d’avoir voulu et d’être parvenu à proposer quelque chose de différent au joueur. Doté d’une durée de vie honnête (une dizaine d’heures environ) prolongée par un mode Action instantanée plutôt anecdotique (quatre challenges) et par un mode Multi-joueurs ultra-classique mais efficace, le jeu de Monolith est une expérience à vivre pour tout amateur de FPS et de Survival qui se respecte, ne serait-ce que pour le plan final qui résume à lui seul toute l’aventure…
Viking : Battle for Asgard (2008)
Société d’abord spécialisée dans les productions sportives pour le compte d’Electronic Arts, The Creative Assembly a su s’émanciper il y a quelques années pour donner dans le wargame historique avec plus ou moins de réussite. En témoigne des titres comme Shogun : Total War, Rome : Total War et tout récemment Empire : Total War. C’est pourquoi Viking : Battle for Asgard, premier jeu de la compagnie développé sur next-gen, s’annonçait plutôt prometteur. Malheureusement, une fois le jeu en main on réalise qu’on est très loin du must attendu. Il y a du bon et du moins bon mais ce qui prédomine vraiment c’est une sensation de gâchis permanente émanant de tous les niveaux du jeu. Musiques superbes mais inaudibles la plupart du temps, character design de qualité mais limité à une petite galerie de personnages, usage de la magie intéressant mais super limité, batailles impressionnantes une fois dedans mais faisant la plupart du temps chuter le frame-rate avec une baisse de fluidité confinant parfois au roman-photo (et encore j’ai fais le jeu sur 360, j’ose à peine imaginer sur PS3…), bref on avait vraiment tout ce qu’il fallait pour nous proposer un jeu « hénaurme » pour au final se retrouver avec un vulgaire beat’em all.
Côté récit, nous sommes donc aux commandes de Skarin, massif guerrier nordique investit de pouvoirs divins par la déesse Freya qui l’a choisit pour en faire son champion et ainsi venir à bout de sa rivale Hel. Dans la peau de ce Legolas avec cinquante kilos de barbaques supplémentaires sur les épaules, vous aurez donc trois îles à arpenter en défouraillant du monstre à tout va tout en libérant vos copains vikings prisonniers. Côté charisme ce n’est par contre pas vraiment ça. Les attitudes sont là mais les émotions absentes, d’autant plus que notre héros n’ouvre jamais la bouche. On est très loin d’un Kratos toujours prêt à haranguer les dieux. Bref, rien à chercher de ce côté là, rien que du muscle. Des muscles mis à profit plus que de raison avec ce qui se présente comme un beat’em all violent, brutal et même carrément gore mais aussi particulièrement bourrin et répétitif, qu’il s’agisse des combats aux coups très limités ou des « quêtes » se résumant à chaque fois à libérer des prisonniers pour grossir son armée, récupérer un joyau pour obtenir l’aide d’un dragon et finalement lancer l’assaut sur une forteresse pour y faire le ménage. C’est d’autant plus dommage puisque cette linéarité nuit énormément à la sensation de liberté du jeu. Et ce n’est pas la durée de vie limite (12 heures environ) associée aux résurrections automatiques qui vont relancer l’intérêt du titre. Au final un jeu assez moyen, assez jouissif par moments, lassant le reste du temps, et sur lequel on a pas spécialement envie de revenir une fois Hel renvoyée aux Enfers.
Gears of War (2006)
Il fallait à Microsoft quelque chose de très couillu pour prouver au public que sa nouvelle X-Box 360 en avait dans le ventre et c’est presque « logiquement » que le destin de la machine fut confié à Epic Games, pas manchots généralement dès qu’il s’agit de faire sauter une braguette. Souvenez-vous d’abord du tout premier Unreal sur PC et de son petit frère Unreal Tournament, de la baffe graphique pour qui avait les moyens de faire tourner ces monstres. Souvenez-vous ensuite de la multitude de jeux dotés du moteur d’Epic Games ayant vu le jour dans le sillage d’Unreal, un véritable raz de marée. Vous comprendrez alors mieux ce qui attendait l’heureux possesseur d’une X-Box 360 à l’annonce d’un Gears of War développé par leurs soins. Chose promise chose due, le rendez-vous n’allait pas être manqué par Epic Games qui allait une fois de plus balayer à peu près tout sur son passage en offrant au joueur de l’action, de la vraie, du sang et surtout de la tripaille à volonté. Amen !
Pour ainsi dire du jamais vu graphiquement et techniquement parlant, Gears of War c’est donc du très lourd. A tel point que même aujourd’hui sur la machine de Microsoft, il n’y a guère que sa suite, Gears of War 2, qui soit parvenu à placer la barre encore plus haut en jouant à fond la carte de la surenchère. Mais qu’en est-il du contenu ? Vous incarnez Marcus Fénix, fraîchement libéré de prison, auquel on fait appel pour lutter contre la terrifiante invasion orchestrée par la horde extra-terrestre des locustes. Mal en point, la race humaine ne peut désormais plus compter que sur vous et votre fidèle bras droit Dominic Santiago (plus quelques autres gus bienvenus) pour régler le problème. Pas très original certes, mais l’intérêt du titre n’est pas là. Jeu d’action à la troisième personne bénéficiant d’un gameplay lui non plus guère original mais on ne peut plus efficace, Gears of War c’est donc un aller simple pour l’enfer au milieu des fusillades ennemies pour le meilleur et surtout pour le pire.
Beaucoup trop court en solo malgré trois niveaux de difficulté (Recrue / Vétéran / Dément), le jeu d’Epic Games offre néanmoins un bon petit challenge mais prend réellement toute son ampleur dans le jeu en coopération, soit en local, soit sur le Live. Immersif à souhait avec une surenchère dans le gore complètement assumée (ah, les giclées de sang à l’écran après l’usage de la tronçonneuse !), faisant oublier ses petits défauts par ses énormes qualités, il constitue à n’en pas douter une expérience incontournable sur X-Box 360 et contribua grandement à définir ce que pouvait être à l’avenir un jeu estampillé « next-gen ».
Blue Dragon (2007)
On espérait beaucoup de ce RPG sur la Xbox 360, et la déception n’en fut que plus grande. Pourquoi un si grand espoir me direz-vous ? Tout simplement parce que l’annonce d’une telle conjugaison de talents ne pouvait que hérisser le poil du joueur patenté. Imaginez donc un rpg dirigé et écrit par Hironobu Sakaguchi, rien de moins que le créateur de Final Fantasy. Imaginez aussi que la musique sera composée par Nobuo Uematsu, compositeur attitré de la même saga Final Fantasy. Et cerise sur le gâteau, réjouissez-vous que le character design des héros ait été confié à un certain Akira Toriyama, créateur de la série Dragon Ball. Il y a de quoi rêver non ? Et bien en fait, pas tant que ça…
Comme si le développement de Blue Dragon n’était qu’une interminable succession de mauvais choix. Commençons par le commencement, et ce qui personnellement m’a de loin le plus dérangé durant l’aventure, le character design de Toriyama. Premièrement, parce ça commence à bien faire de toujours devoir incarner des enfants aux QI de poulpes. Mais si en plus ces derniers se limitent à des stéréotypes ambulants, ça devient carrément insupportable. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la version française jouit d’un doublage simplement calamiteux avec moult cris perçants et réflexions d’une niaiserie sans limites. On espère alors pouvoir se rabattre sur les voix japonaises sauf que celles-ci sont absentes…
Faisons fi de ces chérubins braillards au charisme à l’état végétatif et attardons-nous un peu sur l’aventure elle-même. Vous incarnez Shu, celui qui agit sans réfléchir (on peut logiquement douter qu’il possède d’ailleurs un cerveau) et se pose aux antipodes de son ami Jiro, l’intellectuel du groupe parce qu’il se gratte de temps en temps le menton. Ces deux là aiment la même fille, Kluke, orpheline qui se donne des airs. Ces trois là vont rencontrer pas mal de monde dont, malheur à nous, un petit raton laveur jaune légèrement trisomique répondant au nom de Marumaro. Tous ensemble ils vont alors tout mettre en œuvre pour traquer et corriger l’incorrigible Nene (prononcez Néné…), le summum du bad guy qui fait aussi peur que son nom…
Et pour retrouver ce Néné, il va bien entendu falloir voir du pays en traversant des étendues désespérément vides jonchées seulement de quelques monstres en plastique. Ce qui m’amène au système de combat de Blue Dragon. D’une simplicité enfantine (à tous les niveaux on a clairement visé le plus large possible pour ravir Microsoft) et rapidement lassante au départ, il dénote pourtant au bout d’un moment d’une certaine ingéniosité. Car si on se contente d’appuyer sur A les premières heures, il faudra par la suite apprendre à calculer son coup et gérer les temps de charge de certaines attaques pour espérer vaincre des boss récalcitrants tout en sortant quelques « Corporéelles » (ni plus ni moins que des limites). A noter au passage une difficulté complètement déséquilibrée avec des choses qui se compliquent sérieusement dans les derniers affrontements.
Côté rpg à proprement parler, Blue Dragon jette pas mal de poudre aux yeux pour un résultat forcément décevant. Car s’il est possible de fouiller un peu partout et de s’adonner à quelques quêtes secondaires inintéressantes sauf pour leurs boss de luxe (façon les « armes » de Final Fantasy VII) pour espérer débloquer quelques malheureux succès, le tout demeure bien trop linéaire pour donner l’impression d’une réelle marge de manœuvre. La solution de facilité avec les différentes barrières magiques en est la preuve la plus formelle. Qui plus est, il faut vraiment être un grand fan de Deep Purple pour solliciter des boss supplémentaires. On a en effet le droit à la même ritournelle aberrante lors de chaque affrontement capital. On peut vraiment se demander à quoi pensait Sakaguchi en autorisant ça. Bref, s’il procure tout de même quelques passages agréables, Blue Dragon est très loin de s’approcher du grand rpg qu’on espérait secrètement. Au lieu de ça, on se trouve aux prises avec une vaste farce colorée pour enfants bien médiocre.
Guitar Hero III : Legends of Rock (2007)
L’équipe de Neversoft était attendue au tournant en proposant aux joueurs le nouvel opus de Guitar Hero. Et le résultat est plutôt satisfaisant dans l’ensemble. En premier lieu, les commandes répondent bien, élément primordial pour ce type de jeu, avec une guitare qu’on a rapidement bien en main. Le principe est très simple, il suffit de presser la touche adéquate en bougeant le médiator et le tour est joué. Par contre, la difficulté a clairement été revue à la hausse. Si les deux premiers modes de difficulté ne posent pas trop de problème, il n’en va pas de même pour les deux autres à réserver aux joueurs doués ou persévérants. Gare aux boss ! Du côté du contenu, on trouve (enfin) de grosses pointures dans ce nouvel épisode de la série mais pas forcément les titres qu’on pouvait attendre, sans doute trop chers, même pour Activision. Néanmoins, il n’y a vraiment pas de quoi se plaindre avec les 71 morceaux qu’il est possible de jouer sans compter ceux à télécharger sur le X-Box Live (certains gratuitement et d’autres contre quelques euros). Une durée de vie assez conséquente en résulte pour amortir l’investissement de départ (100 euros pour le jeu et la guitare « playskool »). Côté guitare, on a l’air con 2mn puis on y pense plus pour s’éclater un bon coup.
Toutefois, si le mode carrière est assez fun à jouer seul ou en coop avec des petites séquences intermédiaires bien délirantes dans leur manière de nous grossir les traits du monde à part qu’est celui des zikos, il n’en va pas de même pour le mode online à base de battles. Assez mal foutues, ces dernières ne sont guères représentatives du niveau réel des joueurs et sont loin de déchaîner l’enthousiasme espéré. Moi qui ne cache pas avoir eu longtemps des a priori sur ce type de jeu, j’ai été conquis en moins de deux à jouer sur des airs de RATM, Iron Maiden et autres Metallica… Au final donc, un assez bon titre que ce Guitar Hero III : Legends of Rock.
Mass Effect (2007)
Premier volet de ce qui est annoncé comme une trilogie, Mass Effect était attendu de pied ferme par tous les amateurs de rpg mais aussi les inconditionnels de la SF. Et pour cause, le jeu est proposé par rien de moins que BioWare, à qui l’on doit entre autre chose des titres comme Baldur’s Gate et Star Wars : Knights of the old republic. Reste à savoir si le résultat est à la hauteur de nos espérances pour cette exclusivité X360 et PC depuis peu. La première chose qui saute aux yeux avec Mass Effect, c’est le côté irréprochable de sa réalisation. Le jeu est beau, les musiques plutôt réussies dans l’ensemble, et l’animation des personnages particulièrement soignée, notamment les différentes expressions de leurs visages. On note toutefois quelques ralentissements lors des phases d’action et cela même en ayant pris le soin de désactiver quelques bonus graphiques comme le grain de l’image et une sorte de flou artistique accompagnant les déplacements. Des broutilles cependant à côté du spectacle proposé au joueur.
Côté contenu par contre il y a du bon et du moins bon, chaque idée n’étant pas exploitée autant qu’on l’aurait voulu. Il faut d’abord saluer le souci de réalisme des concepteurs du jeu avec une approche encyclopédique (le Codex) assez intéressante au service d’un univers plus vrai que nature. A bord du Normandy, votre vaisseau, ou du Mako, votre véhicule d’exploration terrestre, vous allez devoir naviguer de galaxie en galaxie, de système en système et enfin de planète en planète, pour tenter d’explorer le moindre recoin de ce réjouissant terrain de jeu. Malheureusement, même avec les quêtes secondaires (l’intrigue principale, assez linéaire, est bouclée en une petite quinzaine d’heures), l’aventure dépasse très difficilement les vingt heures de jeu.
C’est justement là que le bas blesse. Plus on avance dans Mass Effect, plus l’impression d’un simple amuse-gueule devient persistante. Comme si on évoluait dans une immense ossature galactique qui se révèlerait désespérement vide au fil de nos explorations. En témoigne le simple fait que sur toutes les planètes proposées, seule une poignée sont véritablement accessibles, de l’ordre d’environ une sur cinq ou six. C’est maigre. D’autant plus que la majeure partie des environnements se ressemblent étrangement à l’exception des dernières planètes, ennivrantes, qui donnent un petit aperçu de ce qu’aurait pu être le jeu. Bref, que ce soit par souci de réalisme ou par manque de moyens, Mass Effect laisse invariablement le joueur sur sa faim tant il aurait pu être grandiose.
Côté gameplay, c’est heureusement beaucoup plus consistant. Après une création de personnage sans grand intérêt pour la suite des opérations, on entre dans le vif du sujet en étant aussitôt parachuté sur Eden Prime. Dès lors, les combats en temps réel entrent en jeu et, une fois les commandes bien en main, révèlent peu à peu l’étendue de leur richesse. Qu’il s’agisse de la possibilité de figer l’action pour changer d’arme, de l’utilisation de pouvoirs biotiques comme créer un trou noir pour aspirer les ennemis ou bien leur balancer des éléments du décor, ou du simple fait d’éconimiser ses salves pour éviter la surchauffe de l’arme, Mass Effect « en action » est une franche réussite. Seul bémol à tout ça, une IA vraiment trop faiblarde, autant chez l’ennemi que chez vos coéquipiers qui tireront sagement à répétition sur un obstacle protégeant un adversaire sans jamais chercher à le contourner.
J’en arrive finalement au côté rpg du titre de BioWare. Avec six classes disponibles offrant une assez grande diversité de combinaisons, le système de jeu est relativement classique mais efficace. Vous aurez également à répartir vos points de talent (débloquant de nouvelles capacités) glanés en passant au niveau supérieur sans oublier de vous occuper de ceux de vos coéquipiers, sans quoi ils vous font ça semble-t-il au hasard pour des résultats le plus souvent aberrants. Autre élément où le jeu de rôle est mis en avant, la psychologie des personnages particulièrement soignée, notamment avec des dialogues vraiment réalistes vous laissant le plus souvent la possibilité d’orienter quelque peu la conversation sans pour autant influer à tous les coups. Vous devrez aussi choisir entre sacrifier tel ou tel coéquipier lors de missions commando, dur dur. Un seul regret néanmoins, l’impossibilité de jouer avec les dialogues en VO. C’est rageant quand on sait que Keith David (The Thing, Invasion Los Angeles) et Lance Henriksen (Bishop dans la saga Alien) prêtent leur voix à certains personnages. Au final, un assez bon titre que ce Mass Effect mais quand même en demi teinte avec une aventure beaucoup trop courte. Espérons que BioWare corrigera le tir dans la suite.





